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Maine de Biran
Communication de Guy Penaud
publiée dans le n°124 du Journal du Périgord.


Penseur bergeracois

Entre philosophie et politique, spéculatif et opératif, natif de Bergerac au siècle des lumières Maine de Biran fut inconstestablement un homme éclairé dans des périodes troubles de l’histoire de France.

Marie François Pierre Gontier de Biran est né à Bergerac, le 29 novembre 1766, de Guillaume (Jean, docteur en médecine) et de Marie Camille Deville, de familles très connues et respectées. Il fut baptisé à Saint-Jacques le 30 et sera anobli par lettres patentes du 6 septembre 1814. Il suivit à Périgueux, de 15 à 18 ans, les classes fréquentées par les "doctrinaires". Garde du corps du Roi dans la compagnie de Noailles le 1er janvier 1785, il fut présenté par M. de Biran, garde du corps à la Compagnie écossaise. À partir de 1787, le jeune homme signe "Maine de Biran", du nom d’une terre appartenant à sa famille. De santé délicate, il fut réformé avec traitement, le 31 mars 1788. Il rentra ensuite aux Garde du corps et se trouva à Versailles aux journées des 5 et 6 octobre 1789. Il fut atteint d’une balle (elle effleura son bras) près de son cousin Guillaume Cluseau de Biran. Après la proclamation de la République, le 22 septembre 1792, il jugea plus prudent de se retirer sur ses terres bergeracoises, à Grateloup, commune de Saint-Sauveur, près de Bergerac.

 

 

Maine de Biran

 

Précurseur de la psychologie
contemporaine,
Maine de Biran s’intéressa
aux perceptions
obscures, sommeil
et aux
songes ainsi
qu’au somnambulisme.

essai

 

Il bénéficia bientôt de la chute de Robespierre le 9 thermidor an II (27 juillet 1794). Avocat, il fut en effet nommé par le représentant Boussion, administrateur de la Dordogne le 25 floréal an III (14 mai 1795). Le notable fut ainsi chargé de restaurer l’ordre compromis pendant la Terreur. Sa carrière politique était lancée. En cette même année (le 21 septembre 1795), il épousa une créole, Louise Fournier du Fradeil, qui se croyait veuve d’un émigré, M. Jean Lafon-Ducluzeau, lequel revint en France en 1799. Elle mourut le 23 octobre 1803. En 1797, Maine de Biran fut élu au Conseil des Cinq-Cents. Quelques mois plus tard, le coup d’État du 18fructidor (4septembre) invalida cependant son élection ainsi que celles des députés soupçonnés de tiédeur républicaine. Il écrivit alors le Mémoire sur d’influence de l’habitude sur la faculté de penser, couronné en 1802 et publié en 1803.

Du Consulat à la Restauration
L
’avènement du Consulat et la prise du pouvoir par Bonaparte décidèrent de son retour aux affaires, Maine de Biran voyant ainsi dans la personne du Premier Consul le pacificateur et le constructeur dont la France avait besoin. Membre du Conseil général de la Dordogne le 13 germinal an X (3 avril 1802) en remplacement de M. Dupuy, démissionnaire, il devint conseiller de préfecture le 13 mars 1805 puis sous-préfet de Bergerac (décret impérial du 31 janvier 1806) du 15 février 1806 au 24 juillet 1811, date à laquelle il était vénérable de la Loge maçonnique La Fidélité de Bergerac. Il sera également membre de la Loge L’Héroïsme de Beauvais et Grand Officier du Grand Orient de France (1820-1824). Comme sous-préfet, il se montra un excellent administrateur. Au sein de son département, le représentant du Gouvernement fit preuve d’un grand dynamisme. Il fut ainsi à l’origine de la construction de ponts devant favoriser le développement du commerce. Ses préoccupations hygiénistes l’incitèrent également à encourager l’assèchement de marais insalubres et à organiser la mise en œuvre d’une campagne d’inoculation. Sur le plan culturel, Maine de Biran contribua à la protection des monuments historiques et au développement de l’enseignement public.
Il siégea ensuite au Corps législatif, auquel il fut désigné par le Sénat le 9 août 1810. Il ne devait effectivement y siéger qu’en octobre 1812. Il y resta jusqu’en 1814. Il reprit, pour la forme, l’habit de garde du corps dans la Compagnie Wagram. De retour dans la capitale, Maine de Biran montra bientôt son désaccord avec la politique militaire de Napoléon Ier. Il fit ainsi partie de la " Commission des cinq " qui, le 29 décembre 1813, osa présenter des remontrances à l’Empereur en condamnant la poursuite de la guerre et la suppression des libertés politiques. Son activité politique se poursuivit après la chute de l’Aigle et avec la Restauration. Membre de la Chambre des députés de la première Restauration (1814-1815), puis d’août 1815 à septembre 1816 et de septembre 1817 au 20 juillet 1824, il fut nommé conseiller d’État le 15 octobre 1816, président du collège électoral départemental en octobre 1816, septembre 1817 et octobre 1820, et du collège électoral de Bergerac en mai 1822 et février 1824. Il se remaria le 3 mai 1814 avec Louise Anne Favareille de Lacoustède.

Précurseur de la psychologie contemporaine
P
arallèlement à cette carrière politique et administrative, Maine de Biran se préoccupa de philosophie. Il adhéra ainsi à la pensée des " idéologues ", très en vogue pendant la République. Ceux-ci désiraient une philosophie sans Dieu. Maine de Biran rejeta notamment l’idée que la raison puisse démontrer l’existence de Dieu. Le penseur écrivit beaucoup mais publia peu. Il rédigea en 1802 un ouvrage intitulé Influence de l’habitude sur la faculté de penser qui fut couronné par l’Institut. Ce texte fut suivi quelques années plus tard, en 1805, d’une autre publication, Décomposition de la pensée, où il s’attacha à décrire le lien existant entre l’activité de la volonté et la conscience, réfutant ainsi les théories kantiennes d’une pensée pure.
En 1817, Maine de Biran publia un nouvel opuscule de cent vingt pages, l’Examen des leçons de philosophie de M. Laromiguière. Il rédigea bientôt l’article " Leibniz " pour la Biographie universelle de Joseph et Louis-Gabriel Michaud, éditée à partir de 1819. Le philosophe poursuivit également ses recherches à travers une suite de mémoires académiques : La décomposition de la faculté de penser en 1805, De l’aperception immédiate en 1807, Sur les rapports du physique et du moral de l’homme en 1811. Il s’attacha notamment à développer la notion de conscience et à montrer l’influence de l’état physique sur le moral. Son spiritualisme se fondait sur une méthode d’analyse psychologique du sujet, dont le moyen est, exclusivement, l’aperception immédiate interne: celle-ci nous permet de saisir notre "moi" comme une tendance, une libre spontanéité, une et indécomposable. Ses analyses de l’effort volontaire constituèrent un apport indéniable à toute philosophie de la volonté. Il fut l’un des plus importants devanciers de la psychologie contemporaine.
À la Société médicale de Bergerac qu’il avait contribué à fonder, Main de Biran rendit public des communications sur des questions particulières. Il s’intéressa ainsi aux perceptions obscures, au sommeil et aux songes ainsi qu’au somnambulisme. Le notable qu’il était réunit également régulièrement chez lui, à son domicile parisien, une société philosophique en compagnie de laquelle il put partager ses préoccupations métaphysiques.
Maine de Biran forma bientôt le projet d’un ouvrage sur les fondements de la psychologie et qui formerait la synthèse de ses réflexions. Il en commença la rédaction en 1813. Peu après, le philosophe mit en chantier les Rapports des sciences naturelles avec la psychologie. Sa pensée s’orienta alors vers le mysticisme. Maine de Biran expérimenta ainsi l’impuissance de la volonté humaine à contenir les désirs et les passions. S’il parvint à distinguer, en l’Homme, sa vie propre et celle de la divinité, le philosophe estima cependant que celui-ci était dépendant de son créateur qui en faisait sa cause.
M aine de Biran décéda à Paris, paroisse de Saint-Thomas d’Aquin, le 16 juillet 1824, laissant inachevé le grand traité sur la science de l’Homme qu’il avait en projet. Il fut inhumé au Père Lachaise. À l’occasion du centième anniversaire de sa naissance, le 21 avril 1866, sa dépouille mortelle sera ramenée à Saint-Sauveur dans le tombeau familial.
Membre correspondant de l’Institut (Académie des Inscriptions et Belles Lettres, classe d’histoire et de littérature ancienne) depuis le 22 novembre 1805 il avait été nommé Chevalier de la Légion d’Honneur le 5 mars 1810, officier en 1814, et commandeur le 1er juin 1818.


Auteur : Guy Penaud, historien ayant publié depuis une trentaine d'années de nombreux ouvrages sur l'histoire du Périgord et sur la vie des Périgordins. — Contact : penaud.guy@wanadoo.fr
Crédit photos : Journal du Périgord.



 
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