|
 |
|
|
|
 |
|
|
|
 |
|
|
|
 |
|
Edition
locale en
ligne
de France 3 Périgords |
|
|
| |
Dordogne-Perigord.com
:
Périgueux,
Bergerac, Sarlat, Nontron, Brantôme, Thiviers, Excideuil, Ribérac,
Hautefort, Montpon-Ménestérol, Saint-Astier, Mussidan, Vergt,
Terrasson, Thenon, Montignac, Le Bugue, Issigeac, Beaumont du Périgord,
Sigoulès, Eymet,
Monpazier, Lalinde, Les Eyzies, Le Buisson de Cadouin, Monbazillac,
Montignac, Beynac, La Roque Gageac, Domme, Saint-Cyprien, Belvès,
Villefranche du Périgord... |
| |
|
| |
|
| |
|
|
| |
Histoire,
Culture, Traditions > Périgourdins
célèbres > Maine
de Biran |
|
|
|
|
| |
Maine
de Biran
Communication
de Guy Penaud
publiée dans le n°124 du Journal
du Périgord.
Penseur
bergeracois
Entre
philosophie et politique, spéculatif et opératif, natif
de Bergerac au siècle des lumières Maine de Biran fut inconstestablement
un homme éclairé dans des périodes
troubles de l’histoire de France.
Marie François Pierre Gontier de Biran est né à Bergerac,
le 29 novembre 1766, de Guillaume (Jean, docteur en médecine)
et de Marie Camille Deville, de familles très connues et respectées.
Il fut baptisé à Saint-Jacques le 30 et sera anobli par
lettres patentes du 6 septembre 1814. Il suivit à Périgueux,
de 15 à 18 ans, les classes fréquentées par les "doctrinaires".
Garde du corps du Roi dans la compagnie de Noailles le 1er janvier 1785,
il fut présenté par M. de Biran, garde du corps à la
Compagnie écossaise. À partir de 1787, le jeune homme signe "Maine
de Biran", du nom d’une terre appartenant à sa famille.
De santé délicate, il fut réformé avec traitement,
le 31 mars 1788. Il rentra ensuite aux Garde du corps et se trouva à Versailles
aux journées des 5 et 6 octobre 1789. Il fut atteint d’une
balle (elle effleura son bras) près de son cousin Guillaume Cluseau
de Biran. Après la proclamation de la République, le 22
septembre 1792, il jugea plus prudent de se retirer sur ses terres bergeracoises, à Grateloup,
commune de Saint-Sauveur, près de Bergerac.
|
|

|
|
| |
Précurseur
de la psychologie
contemporaine,
Maine de Biran s’intéressa
aux perceptions
obscures, sommeil
et aux
songes ainsi
qu’au somnambulisme. |
|
|
|
|
Il
bénéficia bientôt
de la chute de Robespierre le 9 thermidor an II (27 juillet 1794).
Avocat, il fut en effet nommé par le représentant Boussion,
administrateur de la Dordogne le 25 floréal an III (14 mai 1795).
Le notable fut ainsi chargé de restaurer l’ordre compromis
pendant la Terreur. Sa carrière politique était lancée.
En cette même année (le 21 septembre 1795), il épousa
une créole, Louise Fournier du Fradeil, qui se croyait veuve
d’un émigré, M. Jean Lafon-Ducluzeau, lequel revint
en France en 1799. Elle mourut le 23 octobre 1803. En 1797, Maine de
Biran fut élu au Conseil des Cinq-Cents. Quelques mois plus
tard, le coup d’État du 18fructidor (4septembre) invalida
cependant son élection ainsi que celles des députés
soupçonnés de tiédeur républicaine. Il écrivit
alors le Mémoire sur d’influence de l’habitude
sur la faculté de penser, couronné en 1802 et publié en
1803.
Du
Consulat à la Restauration
L’avènement du Consulat et la prise du pouvoir
par Bonaparte décidèrent de son retour aux affaires,
Maine de Biran voyant ainsi dans la personne du Premier Consul
le pacificateur et le constructeur dont la France avait besoin. Membre
du Conseil général de la Dordogne le
13 germinal an X (3 avril 1802) en remplacement de M. Dupuy, démissionnaire,
il devint conseiller de préfecture le 13 mars 1805 puis sous-préfet
de Bergerac (décret impérial du 31 janvier 1806) du 15 février
1806 au 24 juillet 1811, date à laquelle il était vénérable
de la Loge maçonnique La Fidélité de Bergerac. Il sera également
membre de la Loge L’Héroïsme de Beauvais et Grand Officier
du Grand Orient de France (1820-1824). Comme sous-préfet, il se montra
un excellent administrateur. Au sein de son département, le représentant
du Gouvernement fit preuve d’un grand dynamisme. Il fut ainsi à l’origine
de la construction de ponts devant favoriser le développement du commerce.
Ses préoccupations hygiénistes l’incitèrent également à encourager
l’assèchement de marais insalubres et à organiser la mise
en œuvre d’une campagne d’inoculation. Sur le plan culturel,
Maine de Biran contribua à la protection des monuments historiques et
au développement de l’enseignement public.
Il siégea ensuite au Corps législatif, auquel il fut désigné par
le Sénat le 9 août 1810. Il ne devait effectivement y siéger
qu’en octobre 1812. Il y resta jusqu’en 1814. Il reprit, pour
la forme, l’habit de garde du corps dans la Compagnie Wagram. De
retour dans la capitale, Maine de Biran montra bientôt son désaccord
avec la politique militaire de Napoléon Ier. Il fit ainsi partie
de la " Commission des cinq " qui, le 29 décembre 1813,
osa présenter des remontrances à l’Empereur en condamnant
la poursuite de la guerre et la suppression des libertés politiques.
Son activité politique se poursuivit après la chute de l’Aigle
et avec la Restauration. Membre de la Chambre des députés
de la première Restauration (1814-1815), puis d’août
1815 à septembre 1816 et de septembre 1817 au 20 juillet 1824, il
fut nommé conseiller d’État le 15 octobre 1816, président
du collège électoral départemental en octobre 1816,
septembre 1817 et octobre 1820, et du collège électoral de
Bergerac en mai 1822 et février 1824. Il se remaria le 3 mai 1814
avec Louise Anne Favareille de Lacoustède.
Précurseur de la psychologie
contemporaine
Parallèlement à cette carrière politique et administrative,
Maine de Biran se préoccupa de philosophie. Il adhéra ainsi à la
pensée des " idéologues ", très en vogue
pendant la République. Ceux-ci désiraient une philosophie
sans Dieu. Maine de Biran rejeta notamment l’idée que la
raison puisse démontrer l’existence de Dieu. Le penseur écrivit
beaucoup mais publia peu. Il rédigea en 1802 un ouvrage intitulé Influence
de l’habitude sur la faculté de penser qui fut couronné par
l’Institut. Ce texte fut suivi quelques années plus tard,
en 1805, d’une autre publication, Décomposition de la pensée,
où il s’attacha à décrire le lien existant
entre l’activité de la volonté et la conscience,
réfutant ainsi les théories kantiennes d’une pensée
pure.
En 1817, Maine de Biran publia un
nouvel opuscule de cent vingt pages, l’Examen des leçons de philosophie de M. Laromiguière.
Il rédigea bientôt l’article " Leibniz " pour
la Biographie universelle de Joseph et Louis-Gabriel Michaud, éditée à partir
de 1819. Le philosophe poursuivit également ses recherches à travers
une suite de mémoires académiques : La décomposition
de la faculté de penser en 1805, De l’aperception immédiate
en 1807, Sur les rapports du physique et du moral de l’homme en
1811. Il s’attacha notamment à développer la notion
de conscience et à montrer l’influence de l’état
physique sur le moral. Son spiritualisme se fondait sur une méthode
d’analyse psychologique du sujet, dont le moyen est, exclusivement,
l’aperception immédiate interne: celle-ci nous permet de
saisir notre "moi" comme une tendance, une libre spontanéité,
une et indécomposable. Ses analyses de l’effort volontaire
constituèrent un apport indéniable à toute philosophie
de la volonté. Il fut l’un des plus importants devanciers
de la psychologie contemporaine.
À la
Société médicale de Bergerac qu’il
avait contribué à fonder, Main de Biran rendit public des
communications sur des questions particulières. Il s’intéressa
ainsi aux perceptions obscures, au sommeil et aux songes ainsi qu’au
somnambulisme. Le notable qu’il était réunit également
régulièrement chez lui, à son domicile parisien,
une société philosophique en compagnie de laquelle il put
partager ses préoccupations métaphysiques.
Maine
de Biran forma bientôt le projet d’un ouvrage sur
les fondements de la psychologie et qui formerait la synthèse
de ses réflexions. Il en commença la rédaction en
1813. Peu après, le philosophe mit en chantier les Rapports des
sciences naturelles avec la psychologie. Sa pensée s’orienta
alors vers le mysticisme. Maine de Biran expérimenta ainsi l’impuissance
de la volonté humaine à contenir les désirs et les
passions. S’il parvint à distinguer, en l’Homme, sa
vie propre et celle de la divinité, le philosophe estima cependant
que celui-ci était dépendant de son créateur qui
en faisait sa cause.
M aine de Biran décéda à Paris, paroisse de Saint-Thomas
d’Aquin, le 16 juillet 1824, laissant inachevé le grand
traité sur la science de l’Homme qu’il avait en projet.
Il fut inhumé au Père Lachaise. À l’occasion
du centième anniversaire de sa naissance, le 21 avril 1866, sa
dépouille mortelle sera ramenée à Saint-Sauveur
dans le tombeau familial.
Membre correspondant
de l’Institut (Académie des Inscriptions
et Belles Lettres, classe d’histoire et de littérature ancienne)
depuis le 22 novembre 1805 il avait été nommé Chevalier
de la Légion d’Honneur le 5 mars 1810, officier en 1814,
et commandeur le 1er juin 1818.
Auteur : Guy
Penaud, historien ayant publié depuis une trentaine
d'années de nombreux ouvrages sur l'histoire du Périgord
et sur la vie des Périgordins.
— Contact : penaud.guy@wanadoo.fr
Crédit
photos : Journal
du Périgord. |
|
|
|
|