|
 |
|
|
|
 |
|
|
|
 |
|
|
|
 |
|
Edition
locale en
ligne
de France 3 Périgords |
|
|
| |
Dordogne-Perigord.com
:
Périgueux,
Bergerac, Sarlat, Nontron, Brantôme, Thiviers, Excideuil, Ribérac,
Hautefort, Montpon-Ménestérol, Saint-Astier, Mussidan, Vergt,
Terrasson, Thenon, Montignac, Le Bugue, Issigeac, Beaumont du Périgord,
Sigoulès, Eymet,
Monpazier, Lalinde, Les Eyzies, Le Buisson de Cadouin, Monbazillac,
Montignac, Beynac, La Roque Gageac, Domme, Saint-Cyprien, Belvès,
Villefranche du Périgord... |
| |
|
| |
|
| |
|
|
| |
Histoire,
Culture, Traditions > Périgourdins
célèbres > Mademoiselle
d’Hautefort |
|
|
|
|
| |
Mademoiselle
d’Hautefort
Communication
de Guy Penaud
publiée dans le n°136 du Journal
du Périgord.
Son étonnant
destin
Dès
le IXe siècle, une forteresse des vicomtes de Limoges est
mentionnée sur cette butte. Des documents du XIIIe siècle
parlent de tours, de maisons comprises dans l’enceinte et même
d’une église dédiée à saint Éloi.
Les Lastours auraient été les premiers seigneurs du
lieu. Plusieurs châteaux se succédèrent à cet
endroit durant le Moyen Âge; il en subsiste quelques rares
traces (par exemple, la tour d’angle ouest de la cour). La
capacité défensive du château fut renforcée
au XVIe siècle, avec la construction d’un châtelet
d’entrée flanqué de deux échauguettes
crénelées et précédé d’un
pontlevis.
De Nicolas Rambour à Jacques
Maigret
En effet, la reconstruction complète
du château fut
décidée, vers 1600, par Jacques-François d’Hautefort.
Elle dura une quarantaine d’années et ses plans sont attribués à l’architecte
Nicolas Rambourg. Ce dernier étant mort avant la fin des travaux,
ceux-ci furent achevés par son confrère parisien Jacques
Maigret. Sans renier les dispositions anciennes du corps de logis,
on procéda à des
transformations considérables, les pavillons situés aux extrémités
n’étant achevés qu’au XVIIIe siècle. L’ensemble
est une réussite très harmonieuse qui confère à cet édifice
une élégance originale. Un haut corps de logis est encadré,
en équerre, par deux ailes plus basses qui se terminent par de grosses
tours circulaires coiffées de dômes. La cour d’honneur
s’inscrit entre ces trois éléments, le quatrième
côté étant laissé libre pour donner des vues
sur le parc à l’anglaise et les terrasses fleuries à la
française. Le grand logis est constitué par un bâtiment à trois
niveaux encadré de pavillons. Tous les fenestrages sont à meneaux.
Les pavillons, à quatre niveaux, sont soudés, côté cour, à des
contre-pavillons faisant une saillie par rapport au logis central.
Les ailes sont traitées avec le même souci architectural que
la façade noble du logis. Pour faire un contrepoint à la
galerie, elles dessinent les mêmes travées rythmiques. Deux
grosses tours, aux charpentes étonnantes, achèvent les ailes;
l’une
servait de corps de garde, l’autre de chapelle. |
|
|
|
| |
Demoiselle
d’honneur de Marie de Médicis dès 1628,
le roi Louis XIII la remarqua aussitôt. Sa joliesse
et ses charmes, tout autant que sa modestie, sa piété ou
sa vertu, inspirèrent au roi une véritable
passion. |
|
|
|
|
| |
 |
|
| |
Le turbulent troubadour Bertran
de Born
L’un des premiers seigneurs du "Castrum d’Autafort" ne
fut autre que le turbulent troubadour Bertran de Born. Quand on évoque
ce fameux personnage, on songe aussitôt aux célèbres
vers de Dante Alighieri (1265-1321) (La Divine comédie, Inferno,
XXVIII, 112-142) qui évoquent son ombre terrible qui erre dans
l’enfer, tenant dans une main sa tête, en guise de lanterne,
afin d’expier le crime d’avoir soulevé, dans les années
1170, le fils (Henri, dit le Jeune roi, ou son frère Richard,
Coeur de Lion) contre leur père, Henri II Plantagenêt.
La guerre de Cent Ans vit le château occupé par les Anglais,
en 1335. Changeant plusieurs fois de mains, il redevint français
en 1406. Au cours des guerres de Religion, le château resta fermement
catholique. En 1614, Louis XIII érigea en marquisat la terre d’Hautefort.
Ce roi avait quelques raisons d’honorer ce château: l’une
des Hautefort, connue sous le surnom de Mademoiselle d’Hautefort,
avait fait battre le coeur de ce souverain pourtant réputé pour
son austérité et sa froideur. Jean-Luc Aubarbier, le romancier
libraire de Sarlat s’est dernièrement longuement penché sur
le destin hors du commun de notre belle.
Marie d’Hautefort, puisqu’il s’agit d’elle, est
en effet née le 5 février 1616 au château d’Hautefort
de Charles François d’Hautefort, comte de Montignac, vicomte
de Ségur, baron de Thenon, et de Renée du Bellay de l’ancienne
maison de La Flotte Hauterive. Son frère n’était
autre de Jacques-François de Hautefort le constructeur du château
actuel.
Demoiselle d’honneur de Marie de Médicis
Très jeune, Marie manifesta le désir de découvrir
Paris et la vie à la cour. Son voeu fut exaucé. Demoiselle
d’honneur de Marie de Médicis dès 1628, le roi Louis
XIII la remarqua aussitôt. Sa joliesse et ses charmes, tout autant
que sa modestie, sa piété ou sa vertu, inspirèrent
au roi une véritable passion. Cette jeune et blonde périgordine,
surnommée Aurore pour sa beauté, n’allait-elle pas,
enfin, éveiller les sens du royal amoureux. Il n’en fut
rien, la liaison de Louis et de Marie restant, semble-t-il, platonique. À la
suite de La Journée des Dupes et de l’exil de la reine,
Marie s’attacha au service d’Anne d’Autriche dont elle
devint la confidente et l’amie dévouée.
Richelieu tenta alors d’en faire une espionne auprès de
la reine, mais elle refusa devenant de fait l’ennemie du Cardinal
duc. Celui-ci réussit à détacher le roi de sa favorite
en lui livrant une nouvelle maîtresse, mademoiselle de La Fayette.
Marie sut attendre la fin de cette idylle pour reconquérir le
coeur du roi. Elle y réussit un temps, mais pressé par
le cardinal et lassé sans doute des reproches hautains de Marie,
le souverain l’exila. Elle ne revint à la cour, en 1643,
qu’après le décès du Roi et du Cardinal.
Redevenue coqueluche de la cour, elle se permit de rejeter les
demandes en mariage les plus avantageuses. Toutefois, ses intrigues
incessantes finirent par lui aliéner les bonnes grâces de la reine.
Congédiée une nouvelle fois, elle se retira dans un couvent,
en 1644, pour en sortir, deux ans plus tard, et épouser à 30
ans (le 24 septembre 1646), le maréchal Charles de Schomberg,
marquis d’Espinay, duc d’Halluin, pair et maréchal
de France, veuf d’Anne d’Hallwin. Veuve à 40 ans (son
mari étant mort, à Paris, le 6 juin 1656), elle se consacra
dès lors à des oeuvres de charité.
Elle est morte en odeur de sainteté en 1691. Quelques années
auparavant, en avril 1682, elle avait acheté la terre de l’Herm
(aujourd’hui commune de Rouffignac-Saint-Cerninde-Reillac), ancienne
seigneurie des Calvimont.
Ainsi, bien avant le romancier Eugène Le Roy (né à Hautefort
et dont le principal épisode de son plus célèbre
roman, Jacquou le Croquant, a pour cadre le château de L’Herm),
elle avait uni dans un même destin ces deux sites marquants de
l’histoire du Périgord.
Auteur : Guy
Penaud, historien ayant publié depuis une trentaine
d'années de nombreux ouvrages sur l'histoire du Périgord
et sur la vie des Périgordins.
— Contact : penaud.guy@wanadoo.fr
Crédit
photos : Journal
du Périgord. |
|
|
|
|