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Lawrence d'Arabie
Communication de Guy Penaud
publiée dans le n°125 du Journal du Périgord.


L’étonnant voyage
d’un rêveur éveillé

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le très célèbre écrivain et aventurier britannique, Thomas Edward Lawrence, plus connu sous le nom de "Lawrence d'Arabie ", immortalisé au cinéma, en 1962, par le réalisateur britannique, David Lean, dans le film éponyme, a traverséHautefort, le Périgord à bicyclette, en 1908. Pour quelles raisons l'auteur des "Sept Piliers de la Sagesse" est-il passé dans notre région? Quels sont les sites qu'il a visités dans notre département?

Issu d'une famille aisée, Thomas Edward Lawrence est né le 16 août 1888 à Tremadoc (Pays de Galles). Son père, sir Thomas Robert Chapman était déjà marié. Mais il avait abandonné son épouse pour vivre avec Sarah Junner, la gouvernante de ses premiers enfants. Pour vivre cet amour interdit, les amants avaient quitté l'Irlande pour le Pays de Galles où Lawrence est né. Ce couple commença alors une nouvelle vie sous le pseudonyme de Lawrence afin d'éviter tout soupçon. La découverte de ce secret de famille changera profondément la conscience de l'enfant. Il en sera marqué à vie et se sentira à jamais coupable.
Pour favoriser l'épanouissement intellectuel de leurs enfants, le couple Lawrence décida de s'installer, au cours de l'été 1896, à Oxford. Ainsi, leurs bambins pourraient suivre un enseignement de qualité au sein des plus prestigieuses écoles. Thomas E. Lawrence effectua toutes ses études secondaires, jusqu’en juillet 1907, au lycée municipal. Puis, de 1907 à 1909, il suivit des cours au Jesus College d'Oxford. Ce qui ne l'empêcha pas de voyager pour assouvir son insatiable curiosité.

Voyages dans la France des châteaux
D
'abord en 1906, puis au cours de l'été 1907, des voyages en particulier en Normandie lui permirent de parcourir cette région parsemée de vestiges remarquables. Enfin, en 1908, il réalisa un tour de France pour découvrir de nombreux lieux historiques et notamment les châteaux forts datant du Moyen Âge.
Débarqué au Havre à la mi-juillet, il partit à bicyclette à la découverte de la France médiévale. Château-Gaillard, Gisors, Pierrefonds et Coucy furent les premières étapes d'une tournée qui, des villes fortifiées les mieux conservées aux châteaux les plus remarquables, allait le conduire jusqu'aux rives de la Méditerranée. Après Avignon, Arles, Les Baux de Provence, Aigues-Mortes ce furent les villes de Nîmes ou Carcassonne qui retinrent son attention. Toulouse, Albi, Cordes, Cahors, Bonaguil et Pujols suivirent. Au seul énoncé de tous ces lieux, qui drainent aujourd'hui la foule des touristes, on aura compris que Lawrence avait particulièrement bien préparé son circuit.
Après la vallée de la Dordogne, si riche en châteaux fortifiés restaurés, abbayes plus ou moins ruinées ou églises romanes toujours ouvertes au culte, sa première grande étape en Périgord fut le château de Montaigne dont la célébrité doit autant à sa longue histoire et à son architecture qu'à la notoriété de son plus illustre châtelain: le grand philosophe Michel de Montaigne.
Lawrence gagna ensuite Périgueux, qu'il traversa sans doute rapidement toujours à bicyclette, pour rejoindre un château qui a marqué l'histoire de l'Angleterre et les lettres, et qu'il avait hâte de découvrir: Hautefort. Là, était passé Richard Cœur de Lion et avait vécu Bertran de Born, troubadour et seigneur des lieux. Dès le IXe siècle, une forteresse est mentionnée sur cette butte au centre d'un immense cirque. Plusieurs châteaux se succédèrent à cet endroit durant le Moyen Âge; il en subsiste quelques rares traces. La capacité défensive du château fut renforcée au XVIe siècle, avec la construction d'un châtelet d’entrée flanqué de deux échauguettes crénelées et précédé d'un pont-levis. Sans renier les dispositions anciennes du corps de logis, on procéda à des transformations considérables, les pavillons situés aux extrémités n'étant achevés qu'au XVIIIe siècle.

 

Lawrence d'Arabie

Photographie de Hautefort
prise en 1908
par Thomas Edward Lawrence

 

En 1935, alors qu'il roulait en moto, il fut victime d'un accident, survenu près de Bovington, dans le Dorsetshire. Après quelques jours dans le coma, Thomas E. Lawrence s’éteignit à l'âge de 46 ans. Lawrence d’Arabie avait vécu comme il l'avait voulu, en maître de son destin, en témoin de son temps et en acteur de l'Histoire. Sa venue en Périgord, sur les traces de Richard Cœur de Lion, le roi des chevaliers, et de Bertran de Born, le troubadour des rois, aux destins aussi tou rmentés et denses que lui, lui avait permis de se replonger dans un passé moyenâgeux qui l'avait fasciné et de retrouver l'esprit de lieux que tant d’hommes illustres avaient façonné. Mais il avait décidé de côtoyer ces hommes et ces lieux, non pas en historien poussiéreux travaillant dans des bibliothèques mais en rêveur éveillé parcourant le monde. N'a-t-il pas écrit dans Les Sept piliers de la Sagesse: « Tous les hommes rêvent mais pas de la même façon. Ceux qui rêvent de nuit, dans les replis poussiéreux de leur esprit, s'éveillent le jour et découvrent que leur rêve n'était que vanité. Mais ceux qui rêvent de jour sont dangereux, car ils sont susceptibles, les yeux ouverts, de mettre en œuvre leur rêve afin de pouvoir le réaliser. C'est ce que je fis ».

essai

 

L'un des seigneurs du Castrum de Autafort ne fut autre, on l'a vu, que le turbulent troubadour Bertran de Born. Selon la légende, il aurait accueilli, en 1193, Aliénor d'Aquitaine qui rassemblait alors la rançon de son fils Richard. Ce dernier avait même fait le siège du château, en 1183, lorsqu'il avait voulu ramener à la raison le rebelle Bertran qui disputait à son frère Constantin la possession du domaine.
La preuve du passage de Lawrence d'Arabie à Hautefort est attestée, d'une part, par une photographie prise par lui depuis la terrasse qui précède la porte d'entrée du château, et d'autre part par une lettre qu'il expédia, le 16 août 1908 (le jour de ses vingt ans!), à Cyril Frederick Cherrington Beeson, son compagnon de collège et d’université. Selon ses dires, le château a été: « burnt, so the butler assured me, by the English under Chas I. and only rebuilt in the XVII cent: quite so: the gatheway is supposed to be B. de Bornisch, but that’s all rot: at least if so he was an astonishing anachronism. It may be XIV cent ». Poursuivant toujours sa route à bicyclette sur les traces de Richard Cœur de Lion, Lawrence ne pouvait ne pas passer par un château qui a marqué tragiquement la vie, nous devrions dire la mort, de ce souverain chevaleresque: Chalus. Ce château, cité avant 667, était alors indiqué comme étant la limite entre le Limousin et le Périgord. Une échelle permettait d'accéder à l'entrée du donjon du XIe siècle, située à 6 m au-dessus du sol. Aujourd’hui, on y découvre trois salles superposées et, du haut des 25 m de la tour, un vaste panorama s'offre aux visiteurs. Dans les salles des corps de logis des XIe, XIIe et XVIIIe siècles, sont exposés les trouvailles des fouilles successives, des meubles anciens ainsi que divers objets ou documents ayant trait au château ou au roi Richard Cœur de Lion.
Ici, histoire et légendes se mêlent pour essayer d’expliquer ce qui poussa le roi d’Angleterre, durant la guerre de Cent ans, à venir chercher la mort en ces lieux. Pour les uns, après avoir fait massacrer la famille Fortanier de Gourdon, il aurait poursuivi le dernier rescapé jusque sous les murs de ce château. Pour d'autres, c'est pour récupérer des statues d'or, découvertes par un laboureur, et que le seigneur de Châlus refusait de lui remettre. Pour certains, c'était tout simplement pour s'emparer du trésor du comte de Limoges caché dans le château: neuf quilles et boules en or massif qui figurent encore sur les armes de cette commune. Enfin, la raison de la présence de Richard Cœur de Lion en ces lieux pourrait s'expliquer par son désir de châtier Adhémar V de Limoges et le comte Aymard d'Angoulême, qui s'étaient alliés à Philippe Auguste durant son absence en Terre Sainte. Quoi qu'il en soit, en 1199, Richard assiégea le château. S'étant trop approché du donjon, il fut frappé le 26 mars, par un carreau d'arbalète. Mal soignée, sa plaie s'infecta et il rendit l'âme le 6 avril. Après ces retrouvailles avec les anciennes possessions des rois d’Angleterre en France, Lawrence poursuivit sa route par Cognac, Parthenay, Chinon, Tours, Vendôme, Orléans, Chartres, pour le Mont-Saint-Michel! Durant ces semaines d'errance, il avait découvert des dizaines de châteaux ou de villes fortifiées et approfondi ses connaissances dans ce domaine.

L'appel de l'Arabie
T
out naturellement, revenu en Angleterre, Lawrence décida de rédiger une thèse certes sur les châteaux mais sur ceux construits par les croisés au Proche-Orient, lors des croisades. De ce fait, Thomas E. Lawrence leva l'ancre au cours de l'été 1909 pour le Proche-Orient avec cet objectif. Il arriva au port de Beyrouth sur le territoire de l'Empire ottoman. Son moyen de déplacement était tout simplement la marche. C'est pourquoi, il voyageait avec de maigres bagages; toutefois il gardait toujours un revolver dans l'une de ses poches. Thomas fut chaleureusement hébergé par les habitants notamment les Bédouins avec qui il put perfectionner sa connaissance de la langue arabe apprise lors de ses études à Oxford.
Il fut vite subjugué par l’Orient: pour preuve, il parcourut plus de 2400 kilomètres en Palestine, au Liban et en Syrie jusqu’à la Turquie du Sud. Avec courage, il explora à la chaîne les forteresses de toute cette contrée. Il avait mis au point une technique simple pour mesurer les citadelles: à Oxford, il s'était entraîné à réaliser des pas équivalant à un mètre. Parmi les chefs-d'œuvre visités se trouvait le krak des Chevaliers (en Syrie), qu'il n'hésita pas à qualifier de château le plus réussi du monde.
Il lui faudra trois mois pour établir des plans précis du krak et collecter des informations, ce qui lui permit de proposer dans sa thèse un point de vue original. Cette thèse, intitulée The Influence of the Crusades on European Military Architecture, to the end of the XIIth Century (L’influence des Croisades sur l'architecture militaire d'Europe jusqu’à la fin du XIIIe siècle), est précieusement conservé à la bibliothèque du College Jesus à Oxford. Ce travail lui valut la mention la plus élevée First Class Honours avec les félicitations du jury. Thomas s'ouvrait ainsi les portes d’une carrière brillante au sein de l'université, mais il avait d’autres projets.
La culture hittite, peuple de l'Antiquité, intéressait à l'époque des chercheurs anglais. Des temples, des cités et des palais sortaient de terre grâce aux recherches archéologiques. Malgré ces découvertes, les savants restaient perplexes face à l'écriture hittite. C'est pourquoi le British Musuem organisa une expédition pour la Syrie près de la frontière turque actuelle. Lawrence participa à cette mission en tant que traducteur et expert en céramique.
Son diplôme d'archéologie en poche, il retourna en Orient en 1911 pour concrétiser son rêve: trouver de nouveaux vestiges. Il participa à cette campagne de fouille jusqu’en 1914, contribuant à mettre à jour un important site hittite. Si les débuts furent décevants, les fouilles furent couronnées de succès, son équipe découvrant les ruines d'un palais royal et d'un temple.
Sa maîtrise de langue arabe permit à Lawrence d'entrer en contact avec les populations locales et avec leurs chefs. Il est vrai que les fouilles, pourtant fructueuses, allaient rapidement l'entraîner vers une activité d'espionnage aboutissant au soulèvement des populations jordaniennes contre les Turcs. C'est alors, dans ce Moyen Orient qu'il affectionnait tant, que Lawrence forgea sa véritable légende, en devenant en Angleterre un héros national et en gagnant son surnom légendaire: Lawrence d'Arabie. Revenu dans son pays après ses aventures maintes fois contées, il empruntera un faux nom pour garder l'anonymat: John Hume Ross. Il s'engagera même dans la Royal Air Force (RAF) en 1922 puis s'isolera dans une maisonnette au Sud de l'Angleterre. Il refusera dès lors tout honneur, promotion ou médaille, son plus grand désir étant en fait de poursuivre sa carrière d'archéologue en Orient.

Un écrivain immortel
T
homas Edward Lawrence écrivit à cette époque ses mémoires: Les Sept piliers de la Sagesse. Cette œuvre littéraire est une épopée poétique du soulèvement du peuple arabe. Il ambitionnait d'en faire un ouvrage universel. Ayant perdu la première version de ses écrits et ses notes dans une gare, il rédigera à nouveau, de mémoire, les 700 pages de cet ouvrage monumental. La première édition de ce chef-d'œuvre fut publiée en 1926.
En 1935, alors qu'il roulait en moto, il fut victime d'un accident, survenu près de Bovington, dans le Dorsetshire. Après quelques jours dans le coma, Thomas E. Lawrence s’éteignit à l'âge de 46 ans. Lawrence d’Arabie avait vécu comme il l'avait voulu, en maître de son destin, en témoin de son temps et en acteur de l'Histoire. Sa venue en Périgord, sur les traces de Richard Cœur de Lion, le roi des chevaliers, et de Bertran de Born, le troubadour des rois, aux destins aussi tourmentés et denses que lui, lui avait permis de se replonger dans un passé moyenâgeux qui l'avait fasciné et de retrouver l'esprit de lieux que tant d’hommes illustres avaient façonné. Mais il avait décidé de côtoyer ces hommes et ces lieux, non pas en historien poussiéreux travaillant dans des bibliothèques mais en rêveur éveillé parcourant le monde. N'a-t-il pas écrit dans Les Sept piliers de la Sagesse: « Tous les hommes rêvent mais pas de la même façon. Ceux qui rêvent de nuit, dans les replis poussiéreux de leur esprit, s'éveillent le jour et découvrent que leur rêve n'était que vanité. Mais ceux qui rêvent de jour sont dangereux, car ils sont susceptibles, les yeux ouverts, de mettre en œuvre leur rêve afin de pouvoir le réaliser. C'est ce que je fis ».


Auteur : Guy Penaud, historien ayant publié depuis une trentaine d'années de nombreux ouvrages sur l'histoire du Périgord et sur la vie des Périgordins. — Contact : penaud.guy@wanadoo.fr
Crédit photos : Journal du Périgord.



 
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