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de France 3 Périgords |
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Histoire,
Culture, Traditions > Périgourdins
célèbres > Laure
Gatet |
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Laure
Gatet
Communication
de Guy Penaud
publiée dans le n°123 du Journal
du Périgord.
Un
ange en enfer
Parmi
les centaines de personnes liées au Périgord qui ont
pris le terrible chemin des camps nazis de 1940 à 1944, la
noble figure de Laure Gatet, dont un lycée de Périgueux
porte aujourd'hui le nom, méritait d'être évoquée
alors que l'on célèbre un peu partout en Europe la
libération des camps de concentration et d'extermination.

Classe de 3e A le 26 mai 1928, Laure
Gatetest au milieu en noir Laure,
Constance, Pierrette, Gatet est née le 19 juillet 1913, à la
Maison-Dieu, commune de Boussac-Bourg (Creuse), dans une famille
d'enseignants. Dès l'école primaire
elle se fit remarquer par ses possibilités et passa son
certificat d'études primaire, à Boussac, en étant
reçue première du canton. Dispensée de sixième,
elle suivit sa cinquième et sa quatrième au lycée
d'Aurillac, puis la troisième, la seconde et la terminale
au collège de jeunes filles de Périgueux (son père était
alors directeur de l'Ecole normale d'Instituteurs, alors place
Faidherbe). Les
tableaux d'honneur la suivirent, accompagnant les félicitations
des divers conseils de discipline. Remarquée pour sa franchise,
sa simplicité, sa serviabilité, elle fut élue à la
tête de la coopérative de l'établissement. |
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Le 23
juin 1923, avec sa tante, sa
mère et son père
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Laure
Gatet à Auschwitz |
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Chaque semaine,
elle subissait une fouille
complète à Montpon.
Déshabillage complet.
Et chaque semaine, elle annonçait
en souriant :
« Ils
n'ont rien trouvé ! ».
Le lycée de Périgueux
de l'avenue Georges-Pompidou porte son nom depuis le
11 juin 1969, une plaque à sa mémoire y
ayant été inaugurée le 10 juillet
1947.
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Après
un stage à la Pharmacie centrale de M. Pasquet (place de l'Hôtel-de-Ville, à Périgueux)
de juillet 1931 à octobre 1932, elle passa son diplôme de
pharmacienne en 1937 à la faculté de Pharmacie de Bordeaux,
puis, s'intéressa à la recherche en biochimie. Sous la
direction du professeur Louis Genevois elle prépara sa thèse
sur la "maturité des raisins", sa famille (son grand-père)
possédant des vignes au nord du Massif central (Château
Meillan dans le Cher). Cette thèse fut soutenue le 23 février
1940 avec la mention "Très honorable" à l'unanimité du
jury et avec les félicitations. Ce travail obtiendra le 12 juin
1946 le prix attribué par l'Office international de la Vigne.
Cinq mille francs seront attribués à la mémoire
de Laure Gatet pour ses travaux de thèse.
Étudiante, elle milita à Bordeaux
dans le groupe catholique du père jésuite Dieuzayde,
aumônier des étudiantes. La guerre survint, puis la débâcle
suivie de l'occupation allemande. Le 19 juin 1940, la Faculté licencia
Laure Gatet. Elle rejoignit alors le professeur
Genevois au laboratoire de biologie.
Laure gardait toujours
l'espoir mais elle fut profondément
touchée
par la débâcle et ne put retenir ses larmes. Dès
l'automne de 1940, elle prêcha la Résistance à l'occupant
nazi. Par l'intermédiaire des frères Cayrol, dont l'un
Pierre, est mort en déportation, et l'autre Jean, fut un grand écrivain,
elle adhéra au réseau CND (Confrérie Notre-Dame)
du colonel Rémy, en janvier 1941 (date officiellement retenue).
Son chef direct était le colonel Fleuret (Espadon), secrétaire
du port autonome, chef pour le secteur sud-ouest de ce réseau.
Elle
assurait les liaisons, avec le grade de sous-lieutenant. En effet,
elle portait les messages, soit à la frontière espagnole,
soit en passant la ligne de démarcation pour transmission à Londres
ou aux agents de la zone libre. Un "Ausweiss" lui permettant
de faire, toutes les semaines, le trajet Bordeaux-Périgueux, elle
déposait, à Sainte-Foy-La Grande, le courrier destiné à Louis
de La Bardonnie, le châtelain de Saint-Antoine-de-Breuilh qui,
par radio, faisait parvenir à Londres l'ensemble de ces informations.
Chaque semaine, elle subissait une fouille complète à Montpon.
Déshabillage complet. Et chaque semaine, elle annonçait
en souriant : « Ils n'ont rien trouvé ! ». Le courrier
passait en fait dans une boîte de poudre à récurer
(Poncettes) qu'elle décachetait délicatement et refermait
après y avoir introduit ce qu'elle voulait cacher. Le mercredi
10 juin 1942, à 5 heures du matin, elle fut pourtant arrêtée à son
domicile 3 rue du Teich à Bordeaux, mais sur dénonciation
d'un nommé Pierre Cartaud (Capri), radio du groupe qui avait trahi,
et fut emprisonnée à la caserne Boudet. Martyrisée
au Fort du Hâ, elle garda le silence. Elle fut transférée à la
prison de la Santé, où elle resta du 14 juin au 12 octobre
1942, puis passa par Fresnes, du 13 octobre au 15 janvier 1943, date
où elle parvint à Romainville. Puis ce fut le convoi du
24 janvier 1943 qui la conduisit après un pénible périple à Auschwitz
Birkenau, en Pologne. Victime d'une dysenterie dès son arrivée,
elle y décéda vers le 25 février 1943, sous le matricule
n°31833 F. Selon Marie-Claude Vaillant-Couturier, qui fut déportée
avec elle, « elle est morte comme elle a vécu, avec courage».
En novembre 1955, elle fut nommée à titre posthume dans
l'ordre de la Légion d'honneur avec l'attribution de la Croix
de guerre 1939-1945 avec palme et de la Médaille de la Résistance.
Le
lycée de Périgueux de l'avenue Georges-Pompidou porte
son nom depuis le 11 juin 1969, une plaque à sa mémoire
y ayant été inaugurée le 10 juillet 1947.
Cette grande
résistante a laissé, à tous ceux qui
l'ont approchée, le souvenir d'une jeune femme particulièrement
intelligente, ouverte à tous, attentive aux malheurs des uns et
des autres, et patriote dans l'âme, allant, alors qu'un destin
universitaire brillant s'ouvrait devant elle, jusqu'à sacrifier
sa vie pour la plus noble des causes : la défense de la Patrie.
Auteur : Guy
Penaud, historien ayant publié depuis une trentaine
d'années de nombreux ouvrages sur l'histoire du Périgord
et sur la vie des Périgordins.
— Contact : penaud.guy@wanadoo.fr
Crédit
photos : Journal
du Périgord. |
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