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Le
trafic à la "remonte"
Le
trafic à la "remonte" a toujours été
inférieur à celui de la descente en tonnage (1/3–2/3)
et en valeur. Néanmoins, il existait une forte complémentarité économique
entre le Haut-Pays producteur de bois ouvrés et le Bas-Pays
viticole dépourvu de ce bois. La Dordogne jouait le rôle
de lien entre ces deux régions.
À la
remonte, le sel des marais de Saintonge et d’Aunis
en provenance de l’Atlantique,
représentait le
plus fort tonnage (4 600 tonnes en 1836). Le commerce du sel
a d’ailleurs
permis le développement de certaines villes riveraines qui
exerçaient un droit de taxe de passage ou un monopole local
de stockage et le contrôle du mesurage du sel. C’est
le cas de Bergerac, Lalinde, Souillac (point extrême de la
navigation remontante et port d’embarquement des bois pour
le Bergeracois et le Bordelais).
Ensuite,
on trouve les importations suivantes :
– huile d’olive et savon en provenance du Midi méditerranéen
via Bordeaux
–
à partir du XVIIIe, importation croissante de produits coloniaux : sucre,
café, soie et bois exotiques…
–
poissons séchés (principalement des sardines et des morues)
–
lors des années de mauvaises récoltes, on importait également
des céréales en quantité, ce qui permettait
de faire la
soudure en attendant la nouvelle récolte : blé, seigle, riz, fèves,
pois secs.
–
produits divers : chiffon et acides pour les papeteries, alun
et teinture pour
les tanneries, térébenthine, plâtre, bois résineux
pour le bâtiment, acier et petit fer ouvré pour la construction
et l’outillage agricoles, brai des landes de Gascogne pour les chantiers
navals, minerai de fer, fonte, charbon de terre en partie destinés aux
forges des Eyzies, poudre de tabac, vin, blé pour les usages domestiques..
Le halage
La
remontée était relativement facile du Bec d’Ambès à Castillon
en s’aidant de la marée montante, mais plus difficile
au-delà, en raison du courant contraire de la rivière
et du manque de vent. Après Castillon, on avait donc recours
au halage. Le chemin de halage suivait la rive au plus près
et comptait des relais tous les 5 à 8 km de Castillon à Lalinde,
tronçon où le halage ne posait pas de grandes difficultés.
Dès
1740, les haleurs ont été concurrencés par
des bouviers habitant près des rivages, en bordure des
chemins de halage, et qui louaient leurs bœufs de lieue
en lieue. Cette concurrence provoqua de graves incidents entre
bouviers
et haleurs, à tel point qu’un arrêté préfectoral
de 1812 décréta que le halage devait se faire exclusivement
au moyen de bœufs partout où les chemins de halage
le permettaient. Le halage à bras n’était
donc autorisé que dans les passages où l’utilisation
des bœufs était impossible.
C'est
donc de Lalinde à Souillac, là où le relief
est le plus accidenté et où l'escarpement des rives
interdit parfois tout passage (cingles de Trémolat et
Monfort) que les haleurs aidés des matelots tiraient la «cordelle» (la
corde utilisés pour tirer les gabares). Les tireurs variaient
de 20 à 30 personnes par bateau et aux passages difficiles,
tels que la Gratusse et le rocher des Pilles, il fallait 80 à 100
tireurs pour “ hisser ” le bateau.
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Sources
:
- Les gabares de Dordogne, Félix
Chioca, Éditions Sud Ouest, Bordeaux, 2004.
- Le Canal de Lalinde, Frédéric Gontier, Éditions "Les
Pesqueyroux", 2004.
- Dordogne Périgord, Yan Laborie, Éditions Bonneton, Paris, 2004.
- Atlas de la Dordogne-Périgord de Patrick Ranoux, Publié à compte
d'auteur, Saunard, 24110 Montrem, 1996.
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