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Le
trafic à la descente
Le commerce
du bois constituait une part importante de l’activité batelière.
D’après une étude portant sur le trafic de
descente passant devant Tuilières en 1836, le bois représentait
69% du tonnage. Cette forte proportion s’explique par le
fait que les gabariers de Haute-Dordogne étaient avant
tout des bûcherons et des marchands de bois plutôt
que des bateliers, la gabare étant seulement le moyen de
transport qui leur servait à livrer leur production. Ne
sachant pas vraiment dans quelle catégorie professionnelle
il fallait les ranger, on les appelait indifféremment "gabariers" ou "meyrandiers".
Cela explique également pourquoi l'inscription maritime,
qui depuis Colbert englobait tous les métiers de l'eau,
ne leur fut appliquée qu’en 1779, et seulement à partir
d'Argentat.
Sur
la Dordogne, on transportait à la descente les produits suivants :
– des merrains destinés à la tonnellerie. Le merrain est
un bois de tonnellerie ébauché en douelles (également appelées
douves ou longeailles, servant à la fabrication du corps du tonneau),
et en fonçailles (ces dernières servent à la fabrication
du fond des barriques. Il se vendait alors par millier, unité de mesure
comprenant 1360 douves et 604 fonçailles et pesant environ trois tonnes.
–
des carrassonnes et des échalas pour les vignobles.
Ces
piquets de châtaignier
de 1,50 à 2 mètres, destinés aux vignes de la basse Dordogne
et du Bordelais se vendaient au «cent» ou au «mille»,
par
fagots de vingt-cinq, un mille pesant environ une tonne.
–
du bois de chauffage et de construction (planches ou madriers, pour la construction
des gabares, des charpentes, des mâts de bateaux……).
En
plus du bois, on transportait également :
– fromage d’Auvergne.
– peaux et cuirs bruts provenant essentiellement
des tanneries de Bort-les-Orgues.
– graines de genièvre.
– châtaignes
dont il se faisait un important commerce avec l’Angleterre, particulièrement
aux XVIe et XVIIe
–
huile de noix du Sarladais.
–
fonte et fer des forges de la Vézère.
–
des «soustres» (pierres meulières) provenant
des ateliers
de Domme.
–
vins de Domme et du Bergeracois.
–
céréales (avoine, maïs), noix, huile
de noixet tabac.
–
marchandises diverses des fabriques périgourdines : tuiles,
poteries, tanin,
pierres de taille et pavés de grès.
–
papeteries de Creysse ou de Couze.
–
charbon de bois qui était fait avec les chutes de bois
provenant du débitage
du merrain et des planches et qui se transportait en sacs de cinquante kilos.
–
charbon de terre en provenance des mines de Champagnac-les-Mines,
dans le Cantal,
qui furent exploitées de 1773 à 1860.
Un
rapport établi en 1858 indique que le trafic entre Limeuil
et Libourne s’élevait à 136 300 tonnes pour
une valeur de 17,7 MF. Le vin représentant 65% de cette
valeur et les bois 28%. Les 7% restant provenait de la vente
d’huile de noix du Sarladais, de châtaignes du Limousin
et du Périgord central, des productions des forges, des
ateliers meuniers de Domme, des papeteries de Couze et de Creysse,
des carrières de pierres de taille…
Le trafic à la
descente a de tout temps était supérieur à celui
de la remonte, même si, à partir du XVIIIe, l'importation
de produits coloniaux s'intensifia d'aval vers l'amont.
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Courpet
de Haute-Dordogne
dit "Argentat"
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Sources
:
- Les gabares de Dordogne,
Félix Chioca, Éditions Sud Ouest, Bordeaux,
2004.
- Le Canal de Lalinde, Frédéric Gonthier, Éditions "Les
Pesqueyroux", 2004.
- Dordogne Périgord, Yan Laborie, Éditions Bonneton, Paris,
2004. |
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