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La
batellerie : une histoire liée
à celle du vignoble
Au
fil des siècles, la Dordogne
est devenue une voie naturelle d’échanges.
Dès la fin de la protohistoire, l’homme eut recours à la
batellerie. Le
long de la Dordogne, On
a découvert des amphores de vin campanien,
des 1er et 2ème siècles avant Jésus-Christ,
mais aussi, de la Garonne et de l’Isle.
D’après le professeur Robert Étienne, il
y avait un trafic de vin avec l’Italie avant que la viticulture
ne se propage dans les provinces sud-ouest de la Gaule.
Plus
tard, c’est toujours la rivière Dordogne qui joue un rôle
prépondérant dans l’essor des vignobles de Domme et, surtout,
du Bergeracois. C’est, en effet, grâce à la batellerie que
les
vins du Périgord étaient acheminés vers le port de Libourne
d’où ils s’exportaient, dès l’époque médiévale,
vers l’Angleterre, l’Irlande et l’Écosse, ainsi que
vers les pays d’Europe du Nord.
En
1254, Henri II, roi d'Angleterre et duc d’Aquitaine, accorde aux habitants
de Bergerac, le droit d'expédier leurs vins vers le port de Libourne
sans que ceux-ci ne subissent la moindre gêne de la part de la concurrence
bordelaise. Il leur concède également l’exemption de la “prise
des vins”, taxe d’importation vers l’Angleterre. Cette mesure
favorisera l’expansion du vignoble bergeracois.
Dans
les années 1289 à 1293, la majorité des vins importés
par le port anglais de Bristol provenait de Bergerac (on signale l’exportation
de 10 670 tonneaux issus des vignobles de la vallée de la Dordogne). La
guerre de Cent Ans n’entrave que ponctuellement ce commerce. Durant le
règne de François Ier, on signale un trafic de 60 000 à 80 000
tonneaux.
Au
XVIe,
les guerres de Religion découpent le Périgord en deux zones : au
nord, la ville de Périgueux et les Catholiques, au sud, Bergerac et les
Huguenots. En 1685, suite à la révocation de l’Édit
de Nantes, un commerce prospère de vins s’instaure entre Bergerac
et les expatriés huguenots aux Pays-Bas. C’est à cette époque
que certains vins de Monbazillac sont commercialisés sous le nom de leur
propriétaire ou du lieu-dit dont ils proviennent : ce sont les fameuses
marques hollandaises. Vers 1730, environ 50% de la production du vignoble bergeracois était
exporté soit environ 15 000 tonneaux sur les 30 000 produits annuellement..
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Chargement
de barriques
de vin au port de Bergerac
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Sources
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- Les gabares de Dordogne, Félix
Chioca, Éditions Sud Ouest, Bordeaux, 2004.
- Le Canal de Lalinde, Frédéric Gontier, Éditions "Les
Pesqueyroux", 2004.
– Dordogne Périgord, Yan Laborie, Éditions Bonneton, Paris, 2004.
– Atlas de la Dordogne-Périgord de Patrick Ranoux, Publié à compte
d'auteur, Saunard, 24110 Montrem, 1996.
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