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Une
introduction
à la batellerie sur la Dordogne
En Périgord,
l'économie s'est faîte autour et grâce à la
rivière et il n'est pas faux de dire que la batellerie
a fait la prospérité de la vallée de la
Dordogne. En effet, le relief tourmenté du Périgord
a longtemps retardé la création d’un réseau
routier homogène et carrossable et, de ce fait, grandement
favorisé l’essor de la batellerie.
On trouve des traces d'activité batelière dès l'époque
gallo-romaine, activité qui se développa à partir du XIIIe
siècle, se ralentit en raison des troubles de la guerre de Cent Ans,et
reprit pleinement à partir de la seconde moitié du XVe. Celle-ci
prospéra jusqu’au milieu du XIXe, époque à laquelle
le réseau routier s’améliora enfin… et déclina
vers la fin de ce siècle, avec l’arrivée tardive du chemin
de fer (Bergerac 1875, Le Buisson 1879, Souillac 1898).
C’est
ainsi que vers 1850, la rivière assurait 60% du trafic
de marchandises entre Bergerac et Bordeaux. Grâce aux relevés
des bureaux de navigation, on dénombre 438 bateaux en
1858 et 571 en 1860. Le port de Bergerac voit transiter 180 000
tonnes de marchandises et 216 000 tonnes l’année
suivante..
Le
tracé de cette voie fluviale, d’est en ouest, en faisait
la voie la plus directe entre le Massif central et l’Atlantique,
tout au long des 260 kilomètres de cours navigués à la
montée et à la descente, et des 80 km supplémentaires
exploités uniquement à la descente. Elle permettait
de rattacher l’Auvergne à l’Aquitaine.
Et que de ressources le long de son parcours ! : les forêts
de la haute vallée fournissant des bois de construction (planches de
chênes et de châtaigniers obtenues par fendage), des feuillards
(branches de châtaigniers assouplies) destinés à la tonnellerie,
des carrassonnes (planches d’acacia ou de châtaignier assemblées
en fagots) et des échalas (piquets pour les ceps de vigne), les fromages
d’Auvergne, les peaux, les châtaignes, des «soustres» (pierres
destinées aux meules des moulins), le charbon des mines d’Argentat,
le genièvre des coteaux périgourdins, les vignobles du Quercy
et du Périgord, les productions des forges de la Vézère
et des papeteries de la Couze, de Mouleydier et de Creysse…

La
batellerie à Bergerac
Au
fil des siècles, la rivière Dordogne s'est forgé une
identité culturelle forte, un sentiment d'appartenance à un
même territoire. Elle faisait vivre, directement ou indirectement,
la majorité de la population riveraine. De ce fait, l’activité batelière
tenait une place importante dans l’économie locale.
La corporation des «gens de rivière» était
bien structurée :
– les «maîtres de bateaux», à la
fois armateurs, entreposeurs et marchands.
– les «floutayris» (bateliers et simples matelots).
– les «cordiers» et «portefaix».
– dans les villes portuaires, l’importation de sel, conditionné en
sacs ou barils, donna naissance à une catégorie d’ouvriers
spécialisés les «sacquiers».
– les «lamaneurs», pilotes guidant les embarcations
sur les tronçons dangereux de la rivière.
– les «barricaires», tonneliers mais aussi
charpentiers de bateaux, bûcherons et scieurs de long.
Le reste de la population (les fermiers, les viticulteurs, les pêcheurs,
les mineurs, …) travaillait à la production des produits locaux
dont une partie était exportée vers le port de Bordeaux.
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Courpet
de Haute-Dordogne
"Argentat" utilisé à la descente
à quai au port de Mauzac
Reconstitution (1750-1830)
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À PROPOS
DE LA DORDOGNE
Le
nom de la Dordogne tire son origne du celte «Du-unna» qui
signifie eau rapide. Elle devint «Duranius» sous
l'empire romain (le poète Sidoine Apollinaire la cite
dès le Ve siècle), «Duranna» et «Durunia» au
Moyen-Âge, puis «Dordoigne» et «Dourdoigne» aux
XVIe et XVIIe, et enfin «Dordogne». Aujourd'hui,
certains l'appellent «la rivière Espérance»,
du nom d'une célèbre série télévisée.
En
1790, lors de la réorganisation administrative de
la France, ce nom a été retenu pour désigner
le département.
La rivière
Dordogne prend sa source dans le Massif Central, au pied du Sancy,
et rejoint la Garonne au Bec d’Ambès après
un parcours de 472 km.
Sources
:
- Les gabares de Dordogne, Félix
Chioca, Éditions Sud Ouest, Bordeaux, 2004.
- Le Canal de Lalinde, Frédéric Gontier, Éditions "Les
Pesqueyroux", 2004.
- Dordogne Périgord, Yan Laborie, Éditions Bonneton, Paris, 2004.
- Atlas de la Dordogne-Périgord de Patrick Ranoux, Publié à compte
d'auteur, Saunard, 24110 Montrem, 1996.
- Dictionnaire des noms de lieux du Périgord, Chantal Tanet et Tristant
Hordé, Éditions Fanlac, Périgueux, 2000.
- Le Petit Larousse Grand Format 2003, Éditions Larousse, 2003.
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