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Edition
locale en
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de France 3 Périgords |
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Dordogne-Perigord.com
:
Périgueux,
Bergerac, Sarlat, Nontron, Brantôme, Thiviers, Excideuil, Ribérac,
Hautefort, Montpon-Ménestérol, Saint-Astier, Mussidan, Vergt,
Terrasson, Thenon, Montignac, Le Bugue, Issigeac, Beaumont du Périgord,
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Monpazier, Lalinde, Les Eyzies, Le Buisson de Cadouin, Monbazillac,
Montignac, Beynac, La Roque Gageac, Domme, Saint-Cyprien, Belvès,
Villefranche du Périgord... |
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Histoire,
Culture, Traditions
> Histoire > Les
tondues de la Libération |
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Arkheia
(80 pages, 12 euros) est en vente en kiosques et librairies,
ou bien sur demande: 0675229846 max_lagarrigue@yahoo.fr |
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Auteur : Jacky
Tronel, chercheur associé au projet “Prison militaire
du Cherche-Midi”, Maison des Sciences de l’Homme (Paris),
membre du comité scientifique de la revue Histoire Pénitentiaire
et membre du comité de rédaction de la revue d’Histoire
Arkheia.
Contact : tronel.jacky@wanadoo.fr
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Les
tondues
de la Libération
Communication
publiée par l'auteur
dans le Journal
du Périgord de
mai 2006.
Introduction
À la
fin du mois d’août 1944, pour l’immense majorité des
Périgourdins, les rires succèdent aux larmes : le
département de la Dordogne est enfin libéré de
toute occupation allemande. |
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Groupe
de femmes tondues, photographiées devant l’entrée
principale
du Palais de Justice de Bergerac, septembre 1944. |
Quand
il s’agit d’évoquer la Libération, curieusement,
ce sont toujours les mêmes images qui viennent à l’esprit:
les scènes de liesse populaire, les défilés de
résistants paradant dans les rues des villes et des villages
libérés, les cérémonies patriotiques, les
bals et les flonflons sur les places publiques… les tontes des “collaboratrices”.
C’est un fait : les tondues de la Libération sont nombreuses à Bergerac,
Périgueux, Sarlat, Mussidan…
Volonté de justice
ou fureur de punir ? La question demeure sensible. Il est vrai
que, dans le département, les exactions commises par
les forces d’occupation nazies et leurs supplétifs
sont terribles. Les passions sont exacerbées et les
foules réclament des boucs émissaires ! Les événements
qui s’en suivent provoquent, a posteriori, un profond
traumatisme dans l’opinion… sentiment de malaise
que chacun tente de bien vite effacer. Peine perdue : les tondues
ont définitivement marqué le souvenir collectif.
Bien qu’aujourd’hui
le sujet soit encore brûlant, une relecture de cette
page obscure de notre histoire s’imposait. Dans son édition
n°17-18, la revue Arkheia – Histoire, mémoire
du XXe siècle en Sud-Ouest – consacre tout
un dossier aux tondues de 1944 en Dordogne. L'auteur du
dossier, Jacky Tronel, s'appuie sur des sources d’archives
publiques et privées, sur les journaux de l’époque
(Combat républicain, Les Voies nouvelles, France
libre, Bergerac libre…), sur quelques témoignages,
ainsi que sur une collection de photos et de cartes postales
des tondues de Bergerac. Que ressort-il de cette étude? À rebours
des idées reçues qui voudraient que les tontes
aient été accomplies spontanément,
dans la liesse de la Libération, l’analyse
révèle qu’elles furent instrumentalisées
et planifiées de longue date, le plus souvent avec
le blanc-seing d’autorités administratives établies
et souveraines. Au fil des photographies (pour la plupart
inédites), l'historien scrute les différentes étapes
de cette mise en scène, de ce “carnaval moche” au
cours duquel le coiffeur du village apparaît en blouse
blanche, où le photographe est convié pour
immortaliser une scène dont la dimension voulue
comme pédagogique est patente… Mais pour
quoi faire? La mémoire collective n’a voulu
reconnaître dans ce type d’événement
qu’une seule cause, celle de “collaboration
horizontale”. Pourtant, l’examen des dossiers
de procédure, ainsi que les registres d’écrou
de centaines de femmes internées au camp de Mauzac
révèlent que le motif de “relation
(sexuelle) avec l’ennemi” est notoirement insignifiant
: l’atteinte à la sûreté de l’État,
la trahison, l’intelligence avec l’ennemi représentant
près des neuf dixièmes des causes d’emprisonnement.
Il n’en reste pas moins que ces femmes subirent une
double peine : pour s’être engagées
dans la mauvaise voie au nom de leurs idées politiques
ou bien de choix personnels – ce qu’elles payèrent
en tant que citoyennes justiciables – et pour l’avoir
fait en tant que femmes – ce qui leur valut de subir
ce cérémonial avilissant… sans parler
de toutes celles qui furent tondues pour des crimes qu’elles
n’avaient pas commis, sur dénonciation, “pour
l’exemple”… Vouées à la
vindicte publique et humiliées, exhibées
sous les quolibets et les crachats de la foule, ces femmes “épurées” n’ont
souvent rien compris du déferlement de violence
dont elles ont fait l’objet. Elles furent le plus
souvent les victimes expiatoires de quatre années
d’occupation.
Il est important de bien distinguer l’épuration
extrajudiciaire, qualifiée de “sauvage”, de l’épuration
judiciaire, qualifiée de “légale”. À l’initiative
des organisations issues de la Résistance (FFI, comités
de libération) et des commissaires de la République,
des tribunaux réguliers sont établis. Ils succèdent
aux juridictions exceptionnelles et portent le nom de cours martiales,
de tribunaux militaires ou de tribunaux populaires. Le 5 septembre
1944, une Cour martiale FFI est créée en Dordogne. Elle
siège à Périgueux jusqu’au 20 octobre 1944.
En 23 sessions comparaissent 172 personnes, 20 % d’entre elles
sont condamnées à mort. Le 6 novembre, une juridiction
civile, la Cour de justice, est mise en place. Entre le 13 novembre
1944 et le 4 août 1945, elle tient 119 audiences. Du 28 novembre
1944 au 30 juillet 1945, parallèlement à la Cour de justice
siège une Chambre civique. Elle juge les faits de collaboration
mineurs et prononce 176 condamnations à l’indignité nationale. |
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Groupe
de tondues photographiées devant l’entrée
principale du Palais de Justice
de Bergerac, septembre 1944 |
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La
revue Arkheia s’intéresse également
aux lieux et aux conditions de détention épouvantables
qu’ont subies les femmes internées à Périgueux
(à la caserne du 35e RAD et à la prison Beleyme) ainsi
qu’aux camps de Mauzac (plus particulièrement le Camp
Sud qui fonctionne en tant que prison pour femmes du 22 octobre 1947
au 15 février 1951). À Mauzac, la figure la plus connue
est Madeleine Corabœuf, alias Magda Fontanges, actrice, journaliste
et maîtresse du Duce avant guerre…
Le
choix qu'a fait l'auteur d’utiliser
les photos de tondues pour témoigner et illustrer son propos
n’est pas innocent. Si, aujourd’hui, la représentation
de cette forme spectaculaire de machisme dérange et embarrasse,
elle fait également horreur. C’est bien là la
marque d’une profonde évolution des mentalités
!
Sources
:
Sources
: Archives départementales de la Dordogne et de la Gironde
et registres d'écrou de la prison de Mauzac (Dordogne)
Crédit
photos : Collection
J. Tronel. |
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