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  Une réalisation Création Lambert
   
  Histoire, Culture, Traditions > Histoire > L'internement des "Indésirables Français” au Sablou
  L’internement
des “Indésirables Français”
au château du Sablou

Polémique autour d'une plaque commémorative
 
  .: Au Sommaire
  A Introduction
A Le camp du Sablou
A Le commandement
A La population pénitentiaire
A Gros plan sur 18 Périgordins
A L’état d’esprit des internés
A La solidarité s'organise
A Relations avec l'extérieur
A Visite de la commission allemande Kundt
A Mise en place progressive de “mesures de bienveillance”
A Fermeture du camp et transfert des internés
A Devenir du Sablou et de ses "indésirables"
A Polémique autour d'une plaque commémorative
A Situation du Parti communiste français en septembre 1939

Sources :
28 Anne-Marie Siméon, “ Sur un monument méconnu ” in Les cahiers de Vésone, n° 2, Éditions Pierre Fanlac, Périgueux, 1997, pp. 78-82

 

   
 
Sablou
   
  Le 22 avril 1990 au matin, en présence d’André Moine, Raymond Bouquet et André Marcillaud, anciens “Sablousards”; de Gaston Plissonnier, membre du bureau politique du PC; de Madeleine Quéré, fille aînée de Jean Gatinel, boulanger communiste de Montignac; de Denise Peyramaure, fille d’Alfred Chaumel; et d’une nombreuse assistance, une stèle commémorative érigée non loin du Sablou est inaugurée. Madeleine Quéré est à l’origine de cette initiative, relatée par le détail dans l’édition du 18 avril 1990 du journal L’Humanité, sous le titre: “L’oubli vaincu”. Le monument commémoratif en question est dressé à l’angle des routes de Biars et de Fan-lac, au pied du château du Sablou. Sur la plaque gravée, on peut lire ceci : « L’année 1940 au camp du Sablou. Il y a 50 ans, du 17 janvier au 31 décembre 1940, au château du Sablou est ouvert un camp d’internement surveillé où 320 communistes syndicalistes militants qualifiés indésirables et dangereux sont internés par les gouvernements français puis de Vichy. La plupart seront déportés en Afrique du Nord. Comme Jacquou, ils résistaient à l’asservissement et défendaient notre honneur et notre liberté. N’oublions jamais. Demeurons vigilants. Monument érigé le 22 avril par les témoins, les familles et les amis ».
Le texte de cette stèle a fait l’objet d’une vive polémique, portant sur trois points. La première pierre d’achoppement relève de la querelle sémantique. La qualité de “déportés politiques” est contestée aux internés du Sablou au motif que l’expression désigne – selon les termes du statut de déportés politiques institué par la loi de 1948 (28) – les personnes « transférées et internées par l’ennemi dans des prisons ou camps de concentration hors du territoire national (…) dans tous autres territoires exclusivement administrés par l’ennemi (…) ou emmenées par l’ennemi vers une prison ou un camp de concentration, décédées ou évadées au cours du trajet ». Or le Centre de séjour surveillé du Sablou se trouve en France, en zone libre; et le camp de Djelfa, en Algérie française… Et c’est l’État français qui décida de la “transportation” en Afrique du Nord. La deuxième remarque tient au fait que seuls les “communistes syndicalistes militants” sont mentionnés. Or, nous l’avons vu, des dizaines d’autonomistes alsaciens et lorrains, basrhinois et luxembourgeois sont, eux aussi, assignés au Sablou. En effet, on peut estimer à environ 20 % le nombre des internés issus du Nord-Est de la France et du Luxembourg. Tous ne sont pas communistes. Quant aux Tsiganes, bien que très minoritaires au Sablou, eux aussi méritent d’être cités. Rappelons à ce propos qu’au procès de Nuremberg, aucune mention des victimes tsiganes n’a été faite, alors que 260000 d’entre elles – sur les quelque 750000 vivant en Europe en 1939 – ont été exterminés par les nazis et leurs alliés.
La troisième et dernière objection tient à l’emploi du verbe “résister” et au statut autoproclamé de résistant qu’il sous-tend. En 1997, la journaliste et écrivain Anne-Marie Siméon, sous le pseudonyme de “Jacquou”, signait un article dans lequel elle avançait le fait que «les hommes internés au Sablou ne l’ont pas été pour faits de résistance – comment cela aurait-il été possible en janvier 1940? – mais tout simplement parce qu’ils appartenaient de près ou de loin au Parti communiste français qui soutenait Staline. Et n’est-ce pas d’ailleurs suffisant pour s’en offusquer au nom de la liberté d’opinion et de pensée? Pourquoi en rajouter, pourquoi tenter l’amalgame entre militantisme communiste et résistance ? Si une plaque de marbre ne peut être aussi complète qu’un livre d’histoire, elle est en revanche plus accessible, plantée là, au bord d’une route, lisible par tous aujourd’hui et demain. Il est donc préférable d’en peser les mots en évitant de jouer avec ». (28) La remarque est pertinente. Si la qualité de “résistants” ne peut être contestée aux communistes, elle ne vaut pas pour 1940 mais pour la suite des événements au cours desquels les communistes ont eu une part décisive dans l’engagement contre l’occupant nazi. Reste que, sauf exceptions et signes annonciateurs au printemps 1941, on ne peut pas parler d’entrée en “résistance” du PCF contre l’occupant nazi, entrée en résistance qui fut explicitement revendiquée après le 22 juin 1941, date de l’agression allemande contre l’Union soviétique. De plus, à l’échelle décisive, celle de l’organisation et de la coordination des réseaux, les choses ne se firent que très progressivement: c’est principalement après l’invasion de la zone Sud (novembre 1942) et plus précisément à partir du 16 février 1943 que s’affirme le refus du STO (Service du travail obligatoire) grâce auquel ces réseaux, puis les maquis, seront alimentés en hommes jeunes et déterminés. Les forces de la Résistance FTPF (Francs-tireurs et partisans français), et dans une moindre mesure celles de l’AS (Armée secrète) et de l’ORA (Organisation de la résistance de l’armée), voient ainsi leurs effectifs décupler: dès lors, on peut tout à fait légitimement parler de “résistance à l’asservissement” et de “défense de notre honneur et notre liberté”.
Quoi qu’il en soit, les “indésirables Français” du centre de séjour surveillé du château du Sablou et des camps d’Afrique du Nord, communistes et syndicalistes – mais aussi Alsaciens, Lorrains, Luxembourgeois et Tsiganes – ont tout à fait leur place aux côtés d’autres “oubliés de l’Histoire” (Polonais, homosexuels, témoins de Jéhovah…). Tous méritent le respect, au-delà de toute récupération partisane et de tout procès d’intention.
   


 
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