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Histoire,
Culture, Traditions
> Histoire > L'internement
des "Indésirables Français” au Sablou |
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L’internement
des “Indésirables Français”
au château du Sablou
Devenir
du Sablou
et de ses "indésirables"
L’aventure des “indésirables” du
Sablou ne se termine pas en Haute-Vienne. Saint-Paul d’Eyjeaux
n’est
qu’une étape, la dernière sur le sol français.
Le 1er mars 1941, à 5 heures du matin, 155 d’entre eux quittent
le camp de Saint-Paul, montent dans des cars qui les conduisent à Pierre-Buffière,
situé à 20 kilomètres de Limoges. Là, un
train spécial les attend. Aux 155 de Saint-Paul, se joignent 90
internés du camp de Nexon, puis 21 détenus du camp de Saint-Germain-les-Belles, « soit
au total un départ, de la Haute-Vienne, de 266 internés
politiques » (25).
Arrivés à Port-Vendres, ces
hommes sont embarqués dans les cales d’un cargo ayant du
nom de Djebel-Nador. Ce dernier lève l’ancre de nuit et
met le cap sur l’Afrique du Nord. Son étrange cargaison
est débarquée
sur les quais du port d’Alger. De là, en train, à raison
de vingt-deux hommes et deux gardes par wagon, les “indésirables” voyagent
jusqu’à Djelfa. Le Fort Cafarelli constitue le terme de
leur exode pénitentiaire. Dans leur ouvrage Le siècle des
camps, Joël Kotek et Pierre Rigoulot décrivent les conditions
d’internement : « Les camps nord-africains, sous le contrôle
de l’armée française, dans les conditions climatiques
qu’on imagine, dans le grand sud algérien ou marocain, sont
certainement parmi les plus durs que la France ait mis sur pied.
Les conditions d’hygiène sont lamentables (mouches, poux,
puces). Le typhus fait des ravages. Les détenus travaillent (travaux
agricoles, forge, menuiserie, fabrique de tuiles et de briques).
La discipline est sévère. Les peines de prison dans le
fort de Cafarelli (quinze jours dans une cellule de 2,5 m sur 1,25
avec trois quarts de litre d’eau par jour et deux rations de soupe)
font peur » (26).
Au lendemain de la Libération,
l’ampleur
de l’Épuration
rend nécessaire l’ouverture de nouveaux camps et prisons.
Le 24 octobre 1944, l’inspecteur Gaston Monteil répond à une
demande du commissaire divisionnaire de la Dordogne l’interrogeant
sur les possibilités de création de camps d’internement
en Dordogne. Deux camps sont cités, Mauzac et Le Sablou. À propos
du second, l’inspecteur déclare: « Le camp de Sablou
est désaffecté depuis septembre 1940 [en réalité depuis
fin décembre] et son état actuel ne permet pas de l’utiliser
immédiatement. Il ne possède aucun système de fermeture.
Sa capacité totale est d’environ 4 à 500 personnes
[?] ». Le 3 novembre 1944, le préfet demande au commissaire
spécial, chef du service des RG, d’envoyer au Sablou un
inspecteur: « qui se rendra compte de l’état des
lieux et qui sera chargé de faire un relevé des travaux
qu’il
y aurait lieu d’effectuer, en vue de sa réaffectation » (27).
En fait, le projet ne verra jamais le jour. Le château du Sablou
est transformé en centre pour colonies de vacances, propriété de
la commune d’Alfortville (Val-de-Marne). Il fonctionne ainsi pendant
vingt-cinq ans, jusqu’au début des années quatre-vingt-dix.
Aujourd’hui propriété privée, il a vocation
de centre d’hébergement et de gîte d’étape
pour touristes.
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Sources
:
25 Centre d’archives contemporaines
de Fontainebleau,
19890151/6.
26 Joël
Kotek et Pierre Rigoulot, Le siècle
des camps,
JC Lattès, Paris, 2000,
p. 284.
10 Archives départementales
de la Dordogne, 6
W 3.
27 Le statut de déporté et
interné politique a été institué par
la loi n° 48-1404 du 9 septembre
1948 et le décret n° 50-325
du 1er mars 1950. |
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La chapelle
du château du Sablou,
coll. MNR. |
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