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Histoire,
Culture, Traditions
> Histoire > L'internement
des "Indésirables Français” au Sablou |
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L’internement
des “Indésirables Français”
au château du Sablou
Mise
en place progressive
de “mesures de bienveillance”

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Prisonniers
dans la cour du château du Sablou |
Le
24 août 1940, un rapport du commissaire spécial de la
surveillance du territoire de la 12e région classe les internés
du Sablou en quatre catégories: les internés atteints
de maladie; les internés âgés de 50 ans et plus;
les internés n’ayant jamais appartenu au Parti communiste
et les internés membres du Parti communiste. Seuls les “internés âgés
de 50 ans et plus”, ou “n’ayant jamais appartenu
au Parti communiste”, sont susceptibles de bénéficier
d’une mesure de clémence après vérification
de leur situation, à la seule condition que les préfets
ayant prescrit l’internement estiment une telle décision
opportune.
Concernant
la “révision de certains dossiers d’indésirables
Français”, des instructions plus précises émanant
du ministre de la Guerre parviennent aux préfets, par courrier
daté du 4 octobre 1940. L’autorité de ces derniers
se trouve confirmée, voire même amplifiée : « Vous
aurez donc désormais tout pouvoir pour maintenir les internements
prononcés, ou lever, après un examen sévère
et scrupuleux des dossiers, de concert avec l’autorité militaire,
la mesure prise à l’encontre des internés (…)
Il importe en raison des circonstances actuelles de poursuivre l’application
du décret-loi du 18 novembre [1939] et de maintenir la majorité des
internements prononcés. Pourront néanmoins faire l’objet
d’une mesure de libération: les individus qui ne présentent
pas un réel danger pour la défense nationale ou la sécurité publique;
les individus victimes d’erreurs ou de dénonciations calomnieuses;
les individus qui sont particulièrement dignes d’intérêt
de par leur mauvaise santé ou leur situation de famille. J’ajoute
que, dans certains cas complexes (par exemple: libération d’un
député communiste), vous pourrez me consulter sur la mesure à adopter,
en m’adressant vos propositions. Il conviendra d’examiner,
en premier lieu, les situations les plus dignes d’intérêt, étant
entendu que les mesures de libération devront présenter
un caractère rigoureusement exceptionnel [souligné dans
le texte] ».
L’autorité militaire semble
faire preuve de quelque humanité,
quand, s’adressant au préfet, elle lui demande d’examiner
sans tarder la liste des “indésirables Français” internés
au Sablou, susceptibles de bénéficier d’une mesure
de libération. Le 31 octobre 1940, le général de
division Jeannel, commandant la 12e région, interpelle le préfet
de la Dordogne en ces termes: « Étant donné les conditions
défavorables de la température, il y aurait le plus grand
intérêt à appliquer au plus tôt les prescriptions
de la D.M. [directive ministérielle] en question, d’autant
plus que la libération de quelques internés permettrait
d’améliorer l’installation matérielle de ceux
qui seraient maintenus au Camp. En conséquence, je vous serais
obligé de bien vouloir provoquer, de la part des Préfets
intéressés, une décision rapide pour les indésirables
qui vous semblent mériter une mesure de bienveillance ».
Le
nombre de bénéficiaires de ces mesures de bienveillance
semble compris entre 25 et 50, soit de 9 à 18 % de l’effectif
total. C’est le rapport n° 663 du 4 novembre 1940 qu’adresse
le commissaire spécial Antz à Vichy qui permet de tirer
cette conclusion: « Le centre du Sablou héberge actuellement
près de 275 surveillés. Un certain nombre d’entre
eux sera proposé ce jour, par le chef actuel du centre, le capitaine
Daguet, à la commission de criblage, pour le renvoi dans leur
foyer, les uns en raison de leur bonne conduite depuis leur arrivée
ici ou de leur âge, d’autres pour des raisons de santé ou
de famille. Le nombre des surveillés après le départ
de ceux qui auront obtenu leur libération variera donc vraisemblablement
entre 225 et 250 ». |
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