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Histoire,
Culture, Traditions
> Histoire > L'internement
des "Indésirables Français” au Sablou |
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L’internement
des “Indésirables Français”
au château du Sablou
Visite
de la commission Kundt

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L’équipe
des cuistots internés
au centre de séjour surveillé du château du Sablou |
Le
31 juillet 1940, le directeur général de la Sûreté nationale,
Didkowski, informe les préfets que: « les autorités
militaires ont reçu l’ordre de remettre aux autorités
allemandes les Alsaciens qui en ont formulé la demande ».
Début août, un commissaire de la Sûreté allemande
est envoyé en mission en Dordogne. Celui-ci, du nom de Steiner,
rencontre le préfet et lui demande de: « libérer
sans retard tous les Alsaciens-Lorrains en vue de leur rapatriement
dans leur pays d’origine ». Le 5 août, le préfet
signale la présence: « d’une vingtaine d’Alsaciens
et Lorrains internés au camp du Sablou et qui ont demandé à recouvrer
immédiatement la nationalité allemande ». Il
cite également : « une trentaine d’autres
(…) anciens Allemands, qui veulent être rapatriés
dans leur pays d’origine ».
Le 25 août 1940, de 16 à 17 heures, une commission allemande de
contrôle inspecte le camp du Sablou. Elle porte le nom de “commission
Kundt”, du nom du docteur Ernst Kundt, haut fonctionnaire au ministère
allemand des Affaires étrangères, membre de la commission d’armistice
de Wiesbaden (Waffenstillstandskommission). Sa mission consiste à vérifier
les conditions d’internement dans les prisons et les camps français, à identifier
tous les internés allemands et alsaciens-lorrains, à faciliter
le rapatriement de ceux d’entre eux qui en feraient la demande et, enfin, à s’assurer
que les dispositions de l’article 19 de la convention d’armistice
sont respectées : « Tous les prisonniers de guerre et prisonniers
civils allemands, y compris les prévenus et condamnés qui ont été arrêtés
et condamnés pour des actes commis en faveur du Reich allemand, doivent être
remis aux troupes allemandes ». Les membres de la commission allemande
qui se rendent au Sablou ont pour noms: Éric Finmann (secrétaire
de légation); Heinrich Kistner (Oberscharf-fuehrer) et Karl-Heins Muller
(Scharffuehrer), représentant la Gestapo, ainsi que Ludwig Jubitz. La
délégation française est représentée par le
capitaine de Bruce; la 12e région militaire, par le commandant Gaigneron.
Le
rapport de la délégation française est très
laconique: « Le camp a été aménagé dans
un ancien château; les internés paraissent assez bien installés
et les arbres ombragent les bâtiments et les cours du Sablou (…)
300 internés de nationalité française, pour la plupart
communistes; parmi eux 52 Alsaciens-Lorrains avaient demandé à voir
la Commission allemande, 47 optent pour le Reich et demandent leur
rapatriement en Alsace » (22). Le contrôleur général à la
Sûreté nationale Ducloux, dans son rapport du 31 août
1940, précise les objectifs que poursuit la commission Kundt: « La
recherche sur le territoire non occupé de tous les internés
ou prestataires de nationalité ou de race allemande, en vue de
leur faciliter le retour dans le Reich, sous la condition toutefois
qu’ils
satisfassent aux exigences des lois raciales hitlériennes (…)
La Commission allemande ne s’est préoccupé que des
prestataires aryens; l’installation et l’organisation des
camps de prestataires n’ont pas retenu son attention. Au cours
de chacune de ces visites, la Commission Kundt s’adressait d’abord
aux ressortissants de nationalité allemande (Reichsdeutsche) en
particulier à ceux de nationalité polonaise ou tchèque.
En ce qui concerne les Allemands Lorrains, la thèse allemande
est que ceux-ci appartiennent à la communauté germanique
(Volksdeutsche), et à ce titre ils ont été interrogés
dans les mêmes conditions que les autres étrangers de race
allemande (…) Les Allemands paraissaient avoir une liste d’individus
qu’ils soupçonnaient d’avoir travaillé contre
eux et qu’ils ont sans doute l’intention de se faire livrer
conformément aux clauses de l’Armistice. La Gestapo recherchait
visiblement certains hommes politiques des partis social-démocrate
et communiste, qu’elle paraissait très désappointée
de n’avoir pas trouvé dans les camps de prestataires. On
peut penser enfin que la Commission a cherché à établir
les premières bases d’une organisation allemande de renseignements
en France, comme le régime nazi a su en créer dans presque
tous les pays du monde. Cette organisation, sous des apparences
inoffensives au début, deviendrait ultérieurement un vaste
réseau
d’agents de renseignements chargés d’informer le Gouvernement
de Berlin sur tous les événements de France tant au point
de vue politique que militaire ». (23)
Le 14 octobre 1940, le capitaine
Daguet annonce : « qu’il n’existe plus actuellement
aucun Alsacien-Lorrain dans le Centre de séjour surveillé du
Château du Sablou », et précise: « 4
se sont évadés, entre le 5 et le 22 août, soit
avant le passage de la commission Kundt; 1 a été libéré par
la commission et autorisé à rentrer en Lorraine avec
sa famille; 8 ont quitté Le Sablou, le 7 septembre, pour être
remis aux autorités allemandes; 17 ne sont pas rentrés
au camp à l’expiration de leur permission accordée
en accord avec la commission Kundt; 1 s’est évadé de
l’hôpital de Périgueux où il était
en traitement ; 20 ont été remis aux autorités
allemandes, le 14 octobre, dont un venait de l’hôpital
de Lanmary ». |
Sources :
22 Archives nationales, AJ/41/507.
23 Ibidem. |
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