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  Histoire, Culture, Traditions > Histoire > L'internement des "Indésirables Français” au Sablou
  L’internement
des “Indésirables Français”
au château du Sablou

Relations avec l'extérieur

Sablou

 
  .: Au Sommaire
  A Introduction
A Le camp du Sablou
A Le commandement
A La population pénitentiaire
A Gros plan sur 18 Périgordins
A L’état d’esprit des internés
A La solidarité s'organise
A Relations avec l'extérieur
A Visite de la commission allemande Kundt
A Mise en place progressive de “mesures de bienveillance”
A Fermeture du camp et transfert des internés
A Devenir du Sablou et de ses "indésirables"
A Polémique autour d'une plaque commémorative
A Situation du Parti communiste français en septembre 1939
Le Sablou, juillet 1940, quelques internés et leurs familles.

Une partie de la population du camp fournit la main-d’œuvre nécessaire aux travaux agricoles et forestiers des communes environnantes: moissons, vendanges, ramassage des noix et châtaignes, coupe de bois. Parfois, les relations entre les internés politiques et les agriculteurs qui les emploient sont tendues, à en croire cette note de la direction générale de la Sûreté nationale (direction de la police du territoire et des étrangers), datée du 21 octobre 1940 et adressée au préfet : « Les équipes embauchées n’ont pas tardé à manifester, selon la formule du Front populaire: grèves, sabotages, propos séditieux, etc. Lorsque les officiers du Camp ont été alertés et que la nécessité de venir en aide aux agriculteurs pour sauvegarder leurs récoltes leur a été rappelée, ceux-ci ont répondu qu’ils n’y pouvaient rien et qu’il était préférable de ne pas insister. Ils ont donc été incapables de faire respecter la discipline et de faire preuve d’autorité comme d’ailleurs le maire de la commune d’Auriacdu-Périgord qui serait l’un des électeurs de M. Yvon Delbos (21) et dont les capacités, autant que les sentiments, sont tout à fait sujettes à caution. Ces prisonniers politiques circulent librement, découchent et se réunissent au village chez un sympathisant où ils annonçaient l’intervention imminente de Staline – sans être aucunement gênés ».
La population environnante, majoritairement sensible à la propagande du Maréchal, supporte difficilement la présence de tous ces communistes internés au château du Sablou ainsi que la relative liberté dont ils jouissent. Quelques plaintes parviennent au commissariat spécial de Périgueux et à la préfecture, dont voici un exemple: « Une information, de source paraissant sûre, signale que les communistes internés dans un château des environs – le Sablou près Montignac – viennent dans les campagnes pérorer dans les cafés, faire de la propagande, racoler la jeunesse, objet de la sollicitude du Maréchal. Voilà ce qu’en pensent les paysans: Trimer pour donner à manger à ces c…, voilà ce qu’on entend. Chose plus grave, certains de ces individus se rendent dans une petite localité (Fanlac) faire danser la jeunesse au son d’une [sic] harmonica; on y vient de 20 km à la ronde. Que fait la Préfecture, la Gendarmerie? » Une enquête est diligentée par l’inspecteur principal de police spéciale Bourgoin. Dans son rapport du 2 novembre, ce dernier tente de relativiser les faits : « Des renseignements recueillis, il résulte que la majeure partie des employeurs sont très satisfaits du personnel ainsi mis à leur disposition par le directeur du camp du Sablou (…) Aucune plainte n’a été portée jusqu’à ce jour à la Gendarmerie de Montignac au sujet de soi-disant dommages commis au préjudice des cultivateurs par les internés du Sablou (…) Il résulte que tous les internés circulant librement ne se sont livrés à aucun moment à aucune propagande communiste quelconque. Bien au contraire, ils observent une attitude correcte et évitent d’entamer la question politique au cours de leur conversation, soit au café, soit au cours de leur travail ». Toutefois, en conclusion de son rapport, l’inspecteur Bourgoin estime: « qu’il y aurait lieu, afin d’éviter toutes critiques, d’inviter M. Antz, commissaire spécial, à ne plus tolérer comme son prédécesseur, M. le Capitaine Daguet, que les surveillés placés sous son contrôle puissent quitter le camp du Sablou aussi librement ».
Trois jours plus tard, contredisant son précédent rapport, ce même inspecteur signale qu’il vient d’apprendre par un informateur que plusieurs internés profiteraient de leurs sorties dans les localités voisines pour faire de la propagande communiste: « Ils agiraient avec beaucoup de prudence et après avoir acquis la certitude qu’ils sont en présence de personnes sûres. D’après les indications qui m’ont été fournies, il ressort que beaucoup d’internés restent fermement attachés aux doctrines de l’ex-parti communiste, ils comptent que la Russie participera bientôt aux conflits et que grâce à son intervention, ils seront libérés ». Bourgoin conclut en suggérant que les autorisations de sortie soient supprimées.
Ces consignes et recommandations sont suivies à la lettre par le commissaire spécial Antz. Dans une lettre au préfet du 7 novembre, le commissaire s’explique: « J’ai fait supprimer, jusqu’à nouvel ordre, les sorties de cette sorte et n’autorise provisoirement que le travail de certains, soit dans des fermes, soit dans les bois, que par groupes de deux ou plus accompagnés chacun d’un garde. Cet état de choses ne semble pas de nature à porter préjudice aux principes de surveillance et de discipline mais permet au contraire de remédier au manque de travail et d’arracher certains à une oisiveté fâcheuse ».
Il ressort de cette affaire que, tout au moins jusqu’au début du mois de novembre, les conditions de vie au Sablou ne sont pas si draconiennes que les détenus veulent bien le dire ou l’écrivent. Les visites des familles sont permises, comme en attestent les nombreuses photos reproduites ici. De même, les contacts avec l’extérieur semblent ne poser aucun problème. Pendant toute la période de commandement du camp par l’autorité militaire, les permissions sont accordées sans trop de difficultés et les évasions sont très faciles à réaliser pour qui veut bien les tenter. Par contre, le durcissement du régime de détention imposé par le commissaire Antz compliquera singulièrement les choses.


Sources :
21 Député radical socialiste de mai 1924 à 1940. Il occupe différents ministères de 1925 à 1950. Sénateur de Dordogne jusqu’en 1956, il est candidat à la Présidence de la République en 1953.


 
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