Dordogne Périgord : Hébergements de vacances en Dordogne Périgord (hotel, camping, gite, chambre d'hotes)
RECHERCHE :  
Site internet professionnel à moindre frais
  .: La Dordogne
    Infos générales
Les 557 communes
Situation générale
Carte touristique
Découpage administratif
  .: Nos Rubriques
    Hébergements de vacances
Sites touristiques
Activités et loisirs
Vignobles
Gastronomie
Artisanat
  .: Nos Dossiers
    Etapes Gourmandes
 La Dordogne en vidéo
 Visites virtuelles (360°)
 La Dordogne en ballon
La Dordogne vue du ciel
Châteaux en Dordogne
Bastides en Périgord
Périgourdins célèbres
Villes et villages
Vignoble Bergeracois
Les Eyzies et la Préhistoire
Truffe du Périgord
Noix du Périgord
Batellerie sur la Dordogne
Faune du Périgord
Le Camp du Sablou
Eugène Le Roy
  .: Notre Sélection
    Hébergements
Tourisme
Loisirs
Gastronomie
Divers
  CDT
  Club hotelier du Pays de Sarlat
  .: Outils
    Météo
Devenir adhérent
Quelques liens
Qui sommes-nous ?
Nous contacter
Crédits
Droits d'auteur
Responsabilité
Accueil
Découvrez notre partenaire : Pays des Bastides

ACCÈS ADHÉRENTS
Identifiant :
Mot de passe :

 
Dordogne-Perigord.com :
Périgueux, Bergerac, Sarlat, Nontron, Brantôme, Thiviers, Excideuil, Ribérac, Hautefort, Montpon-Ménestérol, Saint-Astier, Mussidan, Vergt, Terrasson, Thenon, Montignac, Le Bugue, Issigeac, Beaumont du Périgord, Sigoulès, Eymet, Monpazier, Lalinde, Les Eyzies, Le Buisson de Cadouin, Monbazillac, Montignac, Beynac, La Roque Gageac, Domme, Saint-Cyprien, Belvès, Villefranche du Périgord...
   
  Une réalisation Création Lambert
   
  Histoire, Culture, Traditions > Histoire > L'internement des "Indésirables Français” au Sablou
  L’internement
des “Indésirables Français”
au château du Sablou

La solidarité s'organise

Sablou

 
  .: Au Sommaire
  A Introduction
A Le camp du Sablou
A Le commandement
A La population pénitentiaire
A Gros plan sur 18 Périgordins
A L’état d’esprit des internés
A La solidarité s'organise
A Relations avec l'extérieur
A Visite de la commission allemande Kundt
A Mise en place progressive de “mesures de bienveillance”
A Fermeture du camp et transfert des internés
A Devenir du Sablou et de ses "indésirables"
A Polémique autour d'une plaque commémorative
A Situation du Parti communiste français en septembre 1939
Le château du Sablou
   

On ne peut parler de la présence massive des internés communistes du Sablou sans évoquer l’aide mise en place, très tôt, par la section communiste de Montignac. Alors que les premiers “indésirables” arrivent par petits convois, en camion, et passent quasiment inaperçus, ceux qui suivent et arrivent par le train doivent, de la gare de Montignac, traverser le village à pied, encadrés par des gendarmes mobiles. Certains les regardent étonnés, tandis que d’autres les saluent avec émotion, tel Jean Gatinel qui lève son béret sur leur passage.
Dans L’Humanité du 18 avril 1990, Jean-Pierre Ravery relate: « Devant la boulangerie paternelle, à l’angle de la rue de la Liberté, une petite fille de douze ans prénommée Madeleine n’est pas la dernière à être intriguée par ce spectacle insolite. Du fait de sa profession, son père, Jean Gatinel, a échappé à la mobilisation et a été prié de continuer de fabriquer du pain en qualité d’affecté spécial. Lui et Louis Ravidat, le patron de La Buvette Populaire, quai Mérilhou, sont les piliers du PCF à Montignac (…) Staline va battre Hitler, ne cessait de répéter le père de Madeleine Quéré à tous ceux qu’avait déconcertés ou choqués la signature, en août 39, du traité germano-soviétique ». Par curiosité, quelques militants montignacois décident de suivre ces gens. Ils découvrent qu’ils sont emmenés au château du Sablou et apprennent que ce sont, pour la plupart, des “camarades”. La solidarité s’organise. Madeleine Quéré poursuit: « C’est l’honneur de cette poignée de communistes d’avoir, toujours par instinct de classe, agi tout de suite. Il fallait améliorer l’organisation matérielle des internés par la collecte de fourchettes, d’assiettes, de vêtements, de couvertures, de médicaments; recevoir les familles et les héberger chez des paysans sympathisants ou tout simplement patriotes; faire soigner les malades… et le docteur Raymond (18) assurait gratuitement des consultations et faisait accepter les plus atteints à l’hospice. Tout un travail souterrain a été mis en place et tout un réseau d’aide et de soutien matériel et moral a été solidement assuré ».
En janvier 1940, au château du Sablou, rien n’a été prévu pour recevoir tous ces hommes âgés, malades, chargés de famille, plongés brutalement dans des conditions morales très dures, originaires des quatre coins de France, coupés de leurs attaches familiales. C’est la période la plus difficile, et en outre il fait très froid cet hiver-là. Une “roulante” de l’armée doit assurer la cuisson de la nourriture. Les “bouteillons” sont apportés par des soldats; pas de table; pas de chaises; pas de châlits, de la paille et des fagots. Il n’y a pas d’eau courante au Sablou. Il n’existe qu’une source située dans la forêt voisine où les détenus se rendent, sous bonne escorte, pour aller chercher l’eau nécessaire à la cuisine. Le manque d’hygiène favorise l’apparition de la vermine, des poux, des puces, de la dysenterie et fera craindre le développement d’une épidémie de typhus.
André Moine rapporte qu’il a gardé du Sablou: « deux souvenirs particulièrement pénibles. D’abord, parmi les nouveaux arrivants, la moitié peut-être n’avait aucun ustensile pour manger: ni gamelle, ni fourchette, ni cuiller. La soupe et le rata, servis dans des grands plats, devaient être saisis avec les doigts et chacun s’efforçait de récupérer une vieille boîte de conserve, un bois pointu, un instrument quelconque: donc réduction à l’animalité matérielle. Ensuite, le capitaine exigeait, avec une rigueur toute militaire, que chacun travaille. Mais, pour la masse des nouveaux venus, quoi faire? Il ne voulait pas le savoir: pas d’inoccupé. Il fallait se cacher ou avoir l’air de faire quelque chose: le détenu n’était même pas libre dans sa cage. On lui enlevait l’ultime refuge du prisonnier, sa liberté d’esprit ». (19)
Les conditions d’hygiène relatives au couchage font l’objet d’une demande du commissaire Antz. S’adressant à l’intendant départemental de Périgueux, le 20 novembre, Antz signale que les 550 sacs de couchages dont il dispose n’ont « jamais été désinfectés depuis au moins 6 mois » et qu’ils ne peuvent pas, « faute de savon et d’installation appropriée, être lavés et désinfectés par les moyens du Centre ». De ce fait, Antz demande que l’on procède à un échange de sacs, les sales contre des propres.
Dans un rapport du 10 novembre 1940 adressé au ministre de l’Intérieur, le commissaire spécial Antz révèle que le ravitaillement est assuré une ou deux fois par semaine par la Gestion des subsistances militaires de Sarlat, en ce qui concerne notamment le vin et les légumes secs, ainsi que l’essence à raison de 150 litres par mois. L’intendance de Périgueux fournit le tabac. La viande est achetée à des fournisseurs de Sarlat, tandis que le pain provient de Montignac. Antz poursuit : « Je rappelle, notamment, que le camp du Sablou se trouve isolé, que tout le ravitaillement doit être cherché journellement à Montignac (15 kilomètres aller et retour), une ou deux fois par semaine à Sarlat, à 37 kilomètres d’ici, chez des fermiers de la région dans un rayon quelquefois très étendu, que l’eau doit être prise également à une certaine distance d’ici, que les surveillés ne peuvent laver leur linge sur place mais dans une rivière des environs ». (20) Le camp dispose de trois chevaux, d’une voiture hippomobile destinée au transport du ravitaillement et d’une voiture de tourisme utilisée aux besoins de liaison.
Le 1er février 1941, le préfet estimait le montant des dépenses engagées depuis la création du centre jusqu’au 31 novembre 1940, à 458831,63 francs, « imputés sur le budget de la Guerre ».


Sources :
18 De sensibilité communiste, le docteur Raymond entre dans la Résistance. Lui et sa femme connaissent la déportation. Eugène Raymond devient conseiller général de Montignac de 1945 à 1948 et de 1973 à 1979.
19 André Moine, La déportation et la Résistance en Afrique du Nord (1939-1944), Éditions Sociales, Paris, 1972.
20 Archives départementales de la Dordogne, 1 W 1837. Sauf indication contraire, les sources citées sont toutes issues de cette cote d’archive.


 
    © 2006 Création Lambert