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  Une réalisation Création Lambert
   
  Histoire, Culture, Traditions > Histoire > L'internement des "Indésirables Français” au Sablou
  L’internement
des “Indésirables Français”
au château du Sablou

L’état d’esprit des internés

Internés du Sablou

 
  .: Au Sommaire
  A Introduction
A Le camp du Sablou
A Le commandement
A La population pénitentiaire
A Gros plan sur 18 Périgordins
A L’état d’esprit des internés
A La solidarité s'organise
A Relations avec l'extérieur
A Visite de la commission allemande Kundt
A Mise en place progressive de “mesures de bienveillance”
A Fermeture du camp et transfert des internés
A Devenir du Sablou et de ses "indésirables"
A Polémique autour d'une plaque commémorative
A Situation du Parti communiste français en septembre 1939
 
 

Les lettres censurées et saisies par la commission de contrôle postal de Périgueux (18) permettent de se faire une idée de l’état d’esprit des internés du Sablou. L’un d’eux reconnaît une appartenance au Parti communiste de 1919 à 1937, mais prétend l’avoir abandonné de son plein gré, en octobre 1937. Il croit en la magnanimité du régime de Vichy et déclare, le 11 novembre 1940 : « Je fais néanmoins confiance au Maréchal Pétain et je pense qu’à l’heure actuelle, les ordres sont donnés pour que notre retour à la liberté soit sous peu un fait accompli. Nous sommes ici dans l’attente de la réalisation sans avoir d’indices nouveaux ».

Un autre interné regrette de ne pas avoir été jugé par un tribunal militaire car alors il aurait été condamné à une peine “nette et précise”. Exprimant son avis sur la mesure d’internement préfectoral dont il fait l’objet, il dit se trouver « en présence d’une formidable iniquité, en présence du rétablissement de l’ancienne lettre de cachet, permettant de jeter en prison ceux qui, à différents titres, gênaient certains de leurs concitoyens, moyen élégant en usage avant 1 789 et qui servait à cette époque à peupler la Bastille, et de nos jours à peupler les camps de concentration, moyen servant à satisfaire les basses vengeances, les rancunes d’êtres immondes rampant dans la boue de l’anonymat ».
Le changement de direction dans le commandement du camp fait l’objet de commentaires dans les correspondances. Le 20 novembre 1940, le rapporteur de la commission de contrôle postal indique : « Moral beaucoup moins bon depuis que la direction du camp n’est plus assurée par l’autorité militaire ; cette mesure paraît avoir été très péniblement ressentie par tous les surveillés. On regrette ce pauvre M. Daguet, capitaine du Camp, ainsi que tous ces gentils officiers et s/officiers ; plus de permissions, c’est des gendarmes qui nous gardent. L’inaction paraît surtout peser aux internés et la suppression des permissions les amène à critiquer d’une façon assez violente le gouvernement (…) L’espoir d’une libération prochaine paraît calmer beaucoup la mauvaise humeur. Néanmoins nous trouvons de nombreux commentaires au sujet des arrestations qui auraient été faites abusivement, étant donné qu’avant 1939, aucune loi n’interdisait l’action syndicale. Souhaits que le Chef de l’État nouveau signera la libération générale en se réservant le droit de remettre en prison tous ceux qui se livreront, par la suite, à une propagande interdite. »
À la fin du mois de novembre, la détention semble de plus en plus mal supportée par les internés. La politique de fermeté mise en place par le commissaire spécial Antz est mal vécue : « Notre régime se resserre de plus en plus. Le peu de bien-être que nous avions, on nous l’enlève peu à peu, pour nous appliquer un règlement inique, inhumain, je dirai même sauvage. On a plus d’égard pour un voleur ou un assassin que pour d’honnêtes travailleurs qui n’ont fait que de travailler toute leur vie pour assurer leur existence et celle des leurs. Quant à une libération possible, il n’en est plus question. Donc depuis le mois de juillet on a fait que de nous mentir, comme l’on ment au peuple. Car on n’a pas encore dit au pays pourquoi nous sommes ainsi traités depuis huit mois. Que nous reproche-t-on enfin ? Quel délit avons-nous commis ? Les malfaiteurs ont toute la jurisprudence pour se défendre, mais nous rien. Ainsi tout tient dans les mains d’un seul homme. Dans un tel régime de délation, nul n’est en sécurité. Combien de temps cela durera et jusqu’où ira cet abus de pouvoir ? Nous sommes là comme otages et nous avons tout à redouter, même le pire, car ils sont capables de toutes les cruautés. Et il paraîtrait qu’une nouvelle France naît. Est-ce que ce serait sur la torture de milliers d’hommes ? ».

Dans le même registre, l’auteur de la lettre du 16 décembre 1940 saisie par la censure écrit ceci : « Mais on nous a dit (nous sommes 250) que si nous nous sauvions c’était une balle dans la peau ou cinq ans de prison. Belle perspective. Mais pendant ce temps-là les fripouilles, les voleurs sont en liberté et des gens honnêtes sont derrière des barbelés sous la menace des revolvers. La nourriture est insuffisante et la qualité laisse beaucoup à désirer ».


Sources : 18 AD 24, 1573 W 5.


 
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