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  Histoire, Culture, Traditions > Histoire > L'internement des "Indésirables Français” au Sablou
  L’internement
des “Indésirables Français”
au château du Sablou

Gros plan sur dix-huit
“indésirables” Périgordins

Pour mieux saisir le profil des internés ainsi que les raisons qui ont motivé les décisions d’internement administratif, nous allons nous intéresser aux “Sablousards” présents sur la photo du “groupe de 18 Périgordins internés au Sablou”. Les renseignements et avis qui suivent émanent d’une note du commissaire spécial de Périgueux du 3 septembre 1940. L’énumération suit l’ordre de positionnement sur la photo : debout, puis assis, et de gauche à droite.

Henri Lascaux, 45 ans, employé à la Sncf : « Militant communiste et propagandiste depuis de nombreuses années. Était membre de la commission exécutive de la région communiste de la Dordogne. Doit être maintenu au Camp du Sablou ».
Jean Jolivet, 38 ans, cantonnier municipal : « Était un des principaux membres de la cellule des employés municipaux de Périgueux. Militant communiste qui doit être maintenu au Centre de séjour surveillé du Château du Sablou ».
André Audinet, 50 ans, menuisier à la Sncf : « Militant communiste et propagandiste depuis de nombreuses années. Trésorier de la cellule communiste de Chamiers où il jouait un rôle très actif. Doit être maintenu au Camp du Sablou ».
Ferdinand Chanfrau, 67 ans, ouvrier typographe : « Militant communiste et propagandiste très actif, malgré son âge. Était membre de la commission exécutive du Parti communiste de Périgueux. Conseiller municipal communiste déchu. Doit être maintenu au Centre de séjour surveillé du Sablou ».
Edmond Givord, 59 ans, ancien industriel : « Militant communiste et propagandiste des plus actifs et très dangereux pour l’ordre et la tranquillité publics. Est inscrit au Carnet B (16). Était secrétaire de la cellule communiste de Saint-Laurent-sur-Manoire où il jouait un rôle prépondérant. Ne doit pas être libéré du Centre de séjour surveillé du Sablou, sous aucun prétexte ».

 
  .: Au Sommaire
  A Introduction
A Le camp du Sablou
A Le commandement
A La population pénitentiaire
A Gros plan sur 18 Périgordins
A L’état d’esprit des internés
A La solidarité s'organise
A Relations avec l'extérieur
A Visite de la commission allemande Kundt
A Mise en place progressive de “mesures de bienveillance”
A Fermeture du camp et transfert des internés
A Devenir du Sablou et de ses "indésirables"
A Polémique autour d'une plaque commémorative
A Situation du Parti communiste français en septembre 1939

Quelques internés
au camp du Sablou

André Dazenière, 59 ans, négociant en fruits : « A toujours manifesté des idées communistes et fréquentait les réunions et les manifestations organisées par ce Parti. Fréquentait assidûment les principaux militants de Périgueux, et plus particulièrement le nommé Eyraud, dont il partageait entièrement les opinions politiques. Était inscrit au PC et a été candidat de ce Parti aux élections municipales de 1936. Doit être maintenu au Camp du Sablou ».
Charles Valade, 49 ans, menuisier aux ateliers de la Sncf : « Communiste et propagandiste des plus actifs. Était membre de la commission exécutive du Parti communiste, région de la Dordogne. Candidat communiste aux élections municipales de 1935. Doit être maintenu au Camp du Sablou »
Paul Eyraud, 57 ans, commis principal des Ptt : « Militant communiste et propagandiste très actif qui prenait très souvent la parole dans les réunions publiques. Conseiller municipal communiste de Périgueux, déchu. A été candidat des élections législatives en 1932. Avant la dissolution du PC était trésorier de la cellule communiste et secrétaire de la région de la Dordogne. Il doit être considéré comme un individu dangereux pour l’ordre et la tranquillité publics. Il doit être maintenu au Camp du Sablou ».
Louis Dauphin, 49 ans, chef d’équipe au service des lignes des PTT : « Militant communiste et propagandiste depuis de nombreuses années. Était secrétaire de la cellule communiste des agents des lignes et membre de la commission exécutive de la région de la Dordogne. Doit être maintenu au Camp du Sablou ».
Émilien Maurel, 51 ans, chaudronnier aux ateliers de la Sncf : « Membre du Parti communiste depuis de nombreuses années, a toujours été considéré comme un militant et propagandiste très actif. Avant le décret de dissolution, il occupait les fonctions de membre de la commission exécutive de la région de la Dordogne. Le maintien de ce militant au Camp du Sablou s’impose ».
André Audoux, 43 ans, frappeur à la Sncf : « Secrétaire de la cellule communiste de Chamiers où il jouait un rôle très actif, membre de la commission exécutive de la région de la Dordogne. Était considéré comme un militant et propagandiste particulièrement actif et très dévoué à son Parti. Doit être maintenu au Camp du Sablou ».
Jean Marnier, 51 ans, employé municipal : « Membre très actif de la cellule communiste des employés municipaux de Périgueux. Avant la dissolution du PC était considéré comme un militant très dévoué à son Parti. Doit encore être maintenu au Camp du Sablou ».
Charles Debet, 55 ans, directeur des travaux de la ville de Périgueux : « Inscrit au PC depuis 1908, a toujours été considéré comme un militant des plus actifs. A occupé les fonctions de membre de la commission exécutive de la région de la Dordogne. Violent et emporté, il doit être considéré comme un indésirable dangereux ne devant être libéré du Camp du Sablou sous aucun prétexte ».
Jean Parsat, 51 ans, manutentionnaire à la Sncf : « Militant communiste et propagandiste actif. Membre du Parti communiste depuis 1932 ».
Henri Jouhaud, 43 ans, propriétaire cultivateur : « Militant communiste et antimilitariste des plus convaincus et des plus actifs. Était secrétaire de la cellule communiste d’Angoisse où il jouait un rôle prépondérant. Doit être maintenu au Camp du Sablou ».
Pierre Murat, dit “Abel”, dit “Raspoutine”, 56 ans, retraité des chemins de fer PO [Paris-Orléans] : « Militant communiste et propagandiste depuis de très nombreuses années. Se faisait passablement remarquer dans les réunions publiques et les manifestations de rues organisées par le Pc. Était membre de la commission exécutive du Pc de la Dordogne. Individu violent et sournois, très dangereux pour l’ordre et la tranquillité publics, ne devant être libéré du Camp du Sablou sous aucun prétexte ». Plus sérieusement, le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français de Jean Maitron, indique qu’Abel Murat fut formé par Paul Faure (natif de Périgueux, secrétaire général de la Sfio jusqu’en 1938 et futur conseiller de Laval en 1940), en vue de la propagande à mener par la presse. Il dirigea par la suite l’imprimerie coopérative La Prolétarienne. En 1919, il se consacre en priorité à la lutte syndicale et devient secrétaire adjoint du syndicat des cheminots de Périgueux, puis trésorier de l’Union départementale. Conseiller municipal de Périgueux depuis 1919, il est, en avril 1920, secrétaire du Comité de la IIIe Internationale. Il passe ensuite au communisme sous l’influence de P. Bouthonnier, de même que la majorité du Parti socialiste de la Dordogne. Il est deuxième puis premier adjoint de la municipalité communiste. Emprisonné six jours en 1919 pour “incitation de militaires à la désobéissance dans un but de propagande anarchiste”, il est à nouveau mis en cause à l'occasion de la journée de lutte contre la guerre impérialiste du 1er août 1929 et inculpé d’affichage illégal. Il est alors conseiller municipal communiste de Périgueux. Révoqué en 1921, réintégré en 1936, Abel Murat prend sa retraite en 1939. Il sera plus tard commandant Ftpf en Limousin.
René Baptiste, 50 ans, brossier : “Militant communiste et propagandiste des plus actifs. Assistait à toutes les réunions de son Parti et à toutes les manifestations de rues où il se faisait passablement remarquer. A été secrétaire de la cellule communiste du Vieux Périgueux. À maintenir au camp.”
Alfred Chaumel, 49 ans, chef de train à la Sncf : « Militant communiste et propagandiste depuis de très nombreuses années. S’est toujours fait remarquer par son action combative. Prenait très souvent la parole dans les réunions de la cellule des cheminots ainsi que dans les réunions publiques où il se faisait remarquer par ses violences de langage et ses critiques à l’égard des institutions républicaines. Partisan de l’action directe. Était secrétaire adjoint de la région communiste de la Dordogne. Individu très dangereux pour l’ordre et la tranquillité publics, ne devant être libéré sous aucun prétexte ».
Ces 18 “indésirables” Périgordins internés au Sablou sont tous militants communistes. La majorité exerce ou a exercé des fonctions au sein du Parti. Abel Murat était premier adjoint et Paul Eyraud, conseiller municipal, à Périgueux. Huit travaillent à la Sncf (44 %), trois sont employés municipaux (17 %), deux aux Ptt (11 %). La moyenne d’âge est supérieure à 51 ans. À ces 18 périgordins, il conviendrait d’ajouter les noms suivants, figurant sur la “liste nominative des internés du Sablou par arrêté du Préfet de la Dordogne” : Jean Bonnamy, Julien Fouillou, Armand Gaboreau, Victor Hermann, Alfred Menier, Aerman Nielsen, Romain Rapnouil, Georges Rapp, Louis Schneider, Frédéric Seidel, Maurice Sentuc, Paul Valentin, Paul Kleinert, Adolphe Fischer et Adolphe Lischsi. Certains d’entre eux sont des “repliés” d’Alsace-Lorraine. L’historien Jean-Jacques Gillot signale également les noms suivants : René Blanchard (cheminot, Chamiers), Jean Geneste (cheminot, Saint-Astier), Gaston Lalande (coiffeur, Périgueux), Victor Roumanie (cheminot, La Douze) et Marcel Vinsonneau (ex-cheminot, natif de la Dordogne, arrêté à Limoges). (17).


Sources :
16 Le carnet B recense Français et étrangers qui représentent, au point de vue national, une menace pour l’ordre intérieur, Il s’agit de suspects, principalement des militants pacifistes et anarchistes. C’est le ministère de l’Intérieur (Sûreté nationale) qui gère ce fichier, sur la base de l’instruction du 1er novembre 1912.
17 Jean-Jacques Gillot, Les communistes et le Parti communiste français en Périgord, 1934-1958, thèse en préparation, Bordeaux III.


 
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