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Histoire,
Culture, Traditions
> Histoire > L'internement
des "Indésirables Français” au Sablou |
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L’internement
des “Indésirables Français”
au château du Sablou
Le
camp du Château du Sablou
Le
château du Sablou a été bâti au XVIIIe
siècle, sur une terrasse rocheuse émergeant de
la forêt, face au village de Fanlac, village rendu célèbre
par Jacquou le Croquant, héros du célèbre
roman d’Eugène Le Roy. À la fin du xixe
siècle, le château est la propriété d’Edmond
de Floirac et de son épouse, Marthe de La Sablière.
En 1940, le château du Sablou appartient à Henri-René Bardin,
négociant parisien. La réquisition du lieu par
le préfet s’explique par l’isolement de
cette propriété de 130 hectares : « Cachée
dans la forêt Barade, c’est un endroit sûr
pour parquer des détenus sans éveiller curiosité et
soupçons ».(2)

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Sous
le pseudonyme de Paul d’Hérama, l’instituteur Paul
Caillaud relate son arrivée au Sablou (3). Au début du
mois de juin 1940, lui et ses compagnons d’infortune arrivent
en gare de Montignac, en provenance de la citadelle de Saint-Martin-de-Ré : « Après
la traversée de la ville, ce fut l’ascension sur les hauteurs
dominant le paysage, par une route en lacet (…) Au bout de quelques
kilomètres, au sein d’un massif imposant de hauts arbres,
le château du Sablou nous apparut, spacieux bâtiment rectangulaire
de deux étages, couvert d’ardoises. Un large espace, transformé en
jardin, bordait sa façade, donnant à l’est ; à l’ouest,
c’était la cour des internés, avec une citerne
au centre, et une aile de dépendances, jadis granges ou écuries,
aujourd’hui logements pour surveillés politiques. À l’angle
nord des constructions, se dressait une modeste tour reliée à une
aile courte de bâtisses, dont les fondations descendaient très
bas, formant trois étages en bordure du promontoire où se
perchait Le Sablou. Des fils de fer barbelés, cette fois, et
non des remparts, nous séparaient du reste du monde. (…) Épaisses,
hautes, les rangées de barbelés étaient longées
par un chemin de ronde où, jour et nuit, cinq sentinelles veillaient,
fusil chargé et baïonnette au canon, sans compter le fonctionnaire
de garde dans la guérite de l’entrée. Tout proche
se tenait le poste de police [poste de garde], occupé par de
jeunes militaires de l’active ».(4)
La
capacité du Sablou est de 225 à 250 internés. « Ce
dernier chiffre ne semble pas devoir être dépassé,
en raison de l’exiguïté des locaux utiles – explique
le commissaire spécial Antz – surtout si l’on tient
compte du fait qu’il y a également à loger une trentaine
de personnes appartenant aux effectifs d’administration et de surveillance
et que certains locaux utilisés pendant l’été ne
pourront pas l’être pendant la mauvaise saison ». |
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Sources
:
2 Jacques Lagrange, “Des internés
politiques en Périgord en 1940”, Bulletin de
la Société Historique et Archéologique
du Périgord, Tome CXVII, 1990, p. 69.
3 Paul d’Hérama, Tournant dangereux – Mémoires d’un
déporté politique en Afrique du Nord (1940-1945), imprimerie Jean
Foucher & Cie, La Rochelle, 1957. Paul Caillaud, alias Paul d’Hérama,
est arrêté au mois de mai 1940, en tant que “Président
du Comité cantonal de Surgères contre le fascisme et la guerre”.
Interné politique au Sablou, il est transféré dans l’un
des camps français d’Afrique du Nord où il reste détenu
jusqu’en mars 1945. Exclu du parti communiste peu après, il conclut
ainsi son récit : “Aussi, la conscience en paix – et sans
haine – je fus soulagé de sentir mon esprit vraiment libéré et
de retrouver, enfin, mon libre arbitre…”
4 Archives départementales de la Dordogne (AD 24), 1 W 1837. Sauf indication
contraire, les sources citées sont toutes issues de cette cote d’archive. |
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