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  Histoire, Culture, Traditions > Histoire > L'internement des "Indésirables Français” au Sablou
  L’internement
des “Indésirables Français”
au château du Sablou
(commune de Fanlac, canton de Montignac)
Communication publiée par l'auteur
dans le
Journal du Périgord
de mars 2006.

Introduction

La politique de répression mise en place par la IIIe République à l’encontre des individus jugés “dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique” se traduit par la création de “centres de séjour surveillé pour indésirables français”. En Dordogne, le “Camp du château du Sablou” voit ainsi le jour. Il fonctionne du 17 janvier au 30 décembre 1940, soit une année à peine… Suffisamment longtemps pour marquer la mémoire du lieu, ainsi que celle des trois à quatre cents internés, détenus “par mesure administrative”.

 
  .: Au Sommaire
  A Introduction
A Le camp du Sablou
A Le commandement
A La population pénitentiaire
A Gros plan sur 18 Périgordins
A L’état d’esprit des internés
A La solidarité s'organise
A Relations avec l'extérieur
A Visite de la commission allemande Kundt
A Mise en place progressive de “mesures de bienveillance”
A Fermeture du camp et transfert des internés
A Devenir du Sablou et de ses "indésirables"
A Polémique autour d'une plaque commémorative
A Situation du Parti communiste français en septembre 1939

Auteur : Jacky Tronel, chercheur associé au projet “Prison militaire du Cherche-Midi”, Maison des Sciences de l’Homme (Paris), membre du comité scientifique de la revue Histoire Pénitentiaire et membre du comité de rédaction de la revue d’Histoire Arkheia.
Contact : tronel.jacky@wanadoo.fr

Crédit photos : Collections J. Tronel et Musée de la Résistance Nationale, Champigny-s/Marne – Fonds de l’association du Souvenir du camp du Sablou, don de Madeleine Quéré et Janine Pompier.

 

Pour bien mesurer toute l’ampleur du dispositif répressif mis en place, il est nécessaire de garder en mémoire la chronologie des événements qui se succèdent à compter de la déclaration de guerre de l’Angleterre et de la France à l’Allemagne. Le conflit qui éclate le 3 septembre 1939 conduit le gouvernement Daladier à renforcer la surveillance des milieux politiques considérés comme subversifs et à étendre la procédure d’internement à tout individu, étranger ou non, suspecté de porter atteinte à la défense nationale ou à la sécurité publique. Le décret-loi du 12 novembre 1938 relatif à “la situation et à la police des étrangers” a déjà statué sur le cas de ces “indésirables étrangers” dont il est “indispensable d’assurer l’élimination (…) en raison de leur activité dangereuse pour la sécurité nationale”. En vue de leur internement, des “centres spéciaux de rassemblement” sont créés. Le premier d’entre eux, celui de Rieucros, situé près de Mende (Lozère), apparaît le 21 janvier 1939. Des dizaines de milliers d’étrangers y sont détenues, Espagnols d’abord puis, sous Vichy, juifs allemands, autrichiens, polonais et français.
Avec le décret-loi du 18 novembre 1939, une nouvelle étape est franchie dans la répression : « Les individus dangereux pour la défense nationale ou pour la sécurité publique peuvent, sur décision du préfet, être éloignés par l’autorité militaire des lieux où ils résident et, en cas de nécessité, être astreints à résider dans un centre désigné par décision du ministre de la Défense nationale et de la Guerre et du ministre de l’Intérieur ». Cette mesure vise principalement les militants et sympathisants communistes ainsi que les “ressortissants de puissances ennemies”. L’internement administratif accorde aux préfets un pouvoir souverain. Sans qu’aucun délit n’ait été commis, sans qu’aucun jugement ni aucune condamnation n’aient été prononcés, ces derniers peuvent à loisir interner, “à titre préventif”. Le 14 décembre 1939, Albert Sarraut, ministre de l’Intérieur, fixe les conditions d’application du décret-loi : « L’extrémiste qui, par ses conseils et ses tracts, s’efforce de rompre dans les usines le moral robuste des travailleurs, l’alarmiste des cénacles ou des salons qui jette sur ses auditoires les paroles de mensonge ou les prophéties de panique sont, au même titre, les ennemis de la Patrie, et le devoir que vous trace le décret du 18 novembre est de les déceler en les éloignant, sans délai, des lieux où ils poursuivent une activité d’autant plus nocive qu’elle parvient à se mieux soustraire à l’étreinte de la loi (…) Dès lors, la nécessité s’impose d’être armé non seulement contre le fait délictueux ou criminel, mais aussi contre la volonté notoire de le commettre (…) Ainsi, l’obligation de la précaution préventive apparaît-elle aussi impérieuse que celle de la mesure répressive (…) Ce texte est grave. Il place dans vos mains [celles des préfets] une arme redoutable. Il est exorbitant du droit commun du temps de paix. Mais il est justement ainsi parce que c’est une loi du temps de guerre et destinée à disparaître avec elle, une loi exceptionnelle ». Cette toute-puissance conférée aux préfets par l’Intérieur, s’amplifie sous Vichy, conduisant l’historien Marc Olivier Baruch à écrire : « L’administration territoriale devait revenir au modèle napoléonien des origines : redevenu l’empereur de son département, le préfet n’aurait pas de difficulté à assurer son rôle de représentant unique du pouvoir central ».
(1)


Sources :
1 Marc Olivier Baruch, Servir l’État français - L’administration en France de 1940 à 1944, Fayard, Paris, 1997, p. 225.


 
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