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Le
cavage…
ou la recherche de la truffe
Le
mot «cavage» (action de rechercher les truffes) vient
du nom d'un instrument, le «cavadou» servant à déterrer
les truffes. C’est un petit piolet à manche court dont
l'extrémité est garnie de métal servant à débarrasser
la terre de ses cailloux et à ramener la truffe en surface
tout en poussant par-dessous.
Il
faut beaucoup de délicatesse pour la déterrer
sans l'abîmer — et sans détériorer
l’endroit où elle a poussée. Une fois
ramassées, les truffes sont grossièrement débarrassées
de leur gangue de terre. Pour éviter qu’elles
ne moisissent, il ne faut les laver qu'au moment de
leur consommation. À ce
jour, aucun moyen mécanique efficace ne permet
de la détecter, et rien, ou presque rien, ne révèle
sa présence. Et même, lorsqu’au pied d’un
arbre, on repère un «brûlé»,
il n’est pas question de piocher aveuglément
: ce serait détruire irrémédiablement
le réseau de Hartig (connexion entre le champignon
et la racine de l’arbre) auquel s’accroche le
mycelium. Le piochage, qui était jadis une vieille
méthode de récolte, est aujourd’hui formellement
interdit. Malheureusement, il est encore utilisé par
quelques braconniers peu scrupuleux. (Pour de plus amples
renseignements concernant les «brûlés»,
consultez la rubrique «Connaissance de la truffe»).
Pour
rechercher les truffes, on fait donc appel au flair du porc et
du chien… et on observe également
les mouches à truffes
qui pondent leurs œufs à l’aplomb d’un
tubercule afin que leurs progénitures puissent y trouver
leur pitance. Quelle que soit la méthode de cavage utilisée,
il faut beaucoup d’expérience, d’observation
et de passion pour repérer la présence de truffes.
Il faut également suffisamment de patience pour attendre
le moment propice, sans quoi la récolte serait composée
de truffes immatures, sans odeur, sans saveur et donc sans aucune
valeur. Le
cavage avec un cochon
Jadis,
le caveur utilisait une truie pour détecter
les truffes, ce qui est rarement le cas aujourd’hui.
Le porc n'a guère besoin de dressage car il est
naturel pour cet animal de fouiller le sol pour en extraire
sa nourriture. Pour l’habituer, il suffit de lui
sacrifier deux ou trois truffes, dont il raffole particulièrement.
Dès qu'il la sent, il enfonce son groin sous le
tubercule, à l’endroit exact, puis, d'un mouvement
sec, il la dégage prestement pour la dévorer
goulûment.
Tout
l'art du caveur consiste donc à lui taper sur
le groin à l’aide d’une trique, pour
l’en détourner, et à lui offrir une
compensation : du maïs, des fèves, des châtaignes
ou tout autre récompense sans laquelle
l'animal renoncerait vite à poursuivre ses recherches.
Une truie bien dressée est capable de déterrer
vingt-cinq kilos dans la journée.
Le
cavage avec un chien
Dquelques
décennies, les caveurs utilisent le chien qui a
remplacé avantageusement le cochon. Et comme le
chien n’est pas naturellement attiré par l’odeur
de la truffe — contrairement au porc — il n’y
a aucun risque qu’il veuille l’avaler goulûment
une fois déterrée. Par contre, ce manque
d’attirance naturelle pour la truffe oblige à quelques
séances de dressage. Quelques semaines suffisent
généralement pour la plupart des chiens
Il
n'existe pas de race de chien spécifiquement adaptée
au cavage. Chiens de chasse ou de garde conviennent parfaitement à cette
activité, pourvu que leur dressage soit affaire
d'amitié entre le chien et son maître. La
recherche des truffes deviendra alors un jeu dont l’unique
objet sera de faire plaisir au maître. Signalons
toutefois, le fait que le chien repère parfois
des truffes qui ne sont pas encore mûres alors
que la mouche, elle, ne s’intéresse qu’aux
truffes matures.
Le cavage à la mouche
!
Une autre
méthode de cavage, insolite et efficace,
consiste à observer la présence de mouches à truffes.
Ces diptères déposent leurs œufs à l’aplomb
des truffes. En effet, les larves de l'Helomyza Tuberivora,
de couleur cuivrée (un marron-beige rappelant
les pierres du causse), se développent dans
les tubercules mûrs. Pour déceler l’emplacement
des truffes il suffit donc de repérer la présence
de ses mouches adultes, filiformes, dont la taille
n’excède pas un centimètre.
Signalons
toutefois que cette méthode aboutit
souvent à la découverte de truffes trop
avancées, farcies d'asticots.
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Le
cavage à l'aide
d'un cochon
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UN
RAPPEL IMPORTANT
Tous produits
naturels du sol qui poussent à l'état sauvage dans
les bois ou autre, appartiennent à leur propriétaire.
De plus le maraudage est passible d’amende ou d’emprisonnement
quand il a été commis ‘soit
avec des panier ou des sacs ou autres objets équivalents,
soit la nuit, soit à l’aide de voitures ou d’animaux
de charge, soit par plusieurs personnes’.
Sources
:
-
Le Guide, Dordogne Périgord, Éditions Fanlac, Périgueux,
1994.
– Que faire en Périgord-Quercy ?, Frédéric Dalléas, Éditions
Dakota, Condé-sur-Noireau, 2002.
– L'instinct de gourmandise en Périgord, Michel Testut & Marcel
Pajot, Éditions La Lauze, Périgueux, 2002.
– Chemins de table en Périgord, Suzanne Boireau-Tartarat, Éditions
La Lauze, Périgueux, 2002.
– Les glanes, petits profits de la nature, Paul Vincent, Éditions
La Maison Rustique,
Paris, 1979.
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