| |
La
production de la truffe…
Les principales variétés…
Aujourd'hui
la production française se situe entre
20 et 50 tonnes, alors qu’elle fut de 1200 tonnes en
1880 (d’après une statistique établie
par le biologiste Chatin).
C'est
maintenant le Sud-Est de la France qui assure, selon
les années, les deux-tiers ou les trois-quarts de la production
nationale. Les principaux départements fournisseurs
sont la Drôme, le Gard et le Vaucluse. Puis viennent
l’Aude et l'Hérault, les Pyrénées-Orientales
et enfin la Lozère.
Dans
le Sud-Ouest, les vieilles truffières du Périgord — qui
ont rendu célèbre la truffe — sont maintenant
devancées par celles du Lot.
En
1870, on récolta pas moins de 6 tonnes de truffes
dans les seuls environs de Sorges, ce qui est actuellement
la production de tout le département de la Dordogne.
À cette époque,
la truffe était tellement abondante en Périgord
que les paysans creusaient parfois des tranchées
autour des vignobles pour contenir l’avancée
des truffières qui menaçaient de coloniser
leurs vignes. Dans certaines régions de Dordogne
chaque maison avait sa truffière. Les paysans la
consommaient comme un légume. Certaines recettes
conseillait jusqu’à cinq livres pour une seule
dinde et deux pour un chapon ! L’omelette à la
truffe étant un expédiant pratique lorsqu’arrivait
un invité imprévu.
À la
fin du XIXème siècle, la crise du phylloxéra
contribua à la prolifération de la truffe
en Périgord. En effet, les truffières envahirent
les vignes ruinées par la maladie. La vigne ayant
préparé le terrain en libérant le
sol d’une végétation susceptible de
nuire à la croissance de la truffe, la production
française s'accrue rapidement.
La
Première Guerre Mondiale mit fin à cet âge
d’or. Il y a plusieurs raisons à cela : tout
d’abord,
le manque d’entretien des truffières qui furent rapidement
envahies par les chenilles. Puis l’exode
rural et l’apparition des résineux. Et enfin,
le désintérêt des nouvelles générations
contribuèrent à ce déclin. Dans les
années 1960, la production nationale annuelle n’était
plus que d’environ 80 tonnes. Depuis, les récoltes
ne cessent de s'amenuiser, ne dépassant pas les
50 tonnes. Les
zones de production de la truffe en Périgord
Aujourd’hui,
le Périgord n’est plus la principale zone de production
de la Tuber melanosporum en France. Il a été détrôné,
et de loin, par la Provence qui représente 80% de la
production nationale.
En Périgord,
les principaux centres de production – et de vente – de
la truffe sont Brantôme, Thiviers, Excideuil, Périgueux,
Thenon, Terrasson, Sarlat, Domme, Sorges et Sainte-Alvère. L'avenir
de la truffe
Pendant
des siècles, la récolte des truffes s'est effectuée
sur des truffières sauvages. Cependant, en 1911, Joseph
Talon, paysan des environs de Saint-Saturnin-Lès-Apt,
eut l'idée de semer des glands… et, quelques
années plus tard, il récoltait des truffes
au pied de ces chênes. En 1970, grâce à une
nouvelle génération de plants truffiers, des
truffières cultivées, composées de plants
micorhizés, ont été plantés par
des trufficulteurs passionnés. Depuis, les chercheurs
essaient de récréer les biotopes qui favorisent
l’interaction avec la truffe. Malgré ces progrès,
la trufficulture comporte encore bien des aléas et
exige beaucoup de patience. Au bout d'une dizaine d'années,
seulement un tiers à la moitié des arbres entrent
peu à peu en production. Les autres restent stériles
sans qu'on sache pourquoi.
Pincipales
espèces de truffes, autres que Tuber melanosporum
Tuber
brumale ou truffe du Piémont
Odeur : agréable à forte, musquée
chez la variété moschatum.
Goût : agréable et légèrement
sucré, désagréable chez la variété moschatum.
Maturité : décembre à mars.
Description : péridium noir,
s'écaillant
facilement. Gléba : marbrure grossière
sur fond gris. Se récolte sur les mêmes
sites que Mélano qu'elle peut concurrencer fortement.
Tuber
aestivum ou truffe de Saint-Jean ou truffe d’été
Odeur :
fine et légère de
sous-bois.
Goût : léger de champignon
forestier.
Maturité : mai à septembre.
Description : sa taille atteint 8
cm. Péridium brun foncé à grosses verrues
pyramidales et striées dans les deux sens. Gléba
: marbrure fine et arborescente sur fond blanchâtre,
tournant au grisâtre à bonne maturité.
Remarques : étant jusqu’à quinze fois
moins chère que melanosporum, certains filous recourent à toutes
sortes d’arnaques pour la noircir, lui donnant
ainsi l'apparence de melanosporum.
Tuber
uncinatum ou truffe de Bourgogne
Parfum : profond de sous-bois
Goût : de noisette.
Maturité :
septembre à décembre.
Description : cousine du Tuver Aestivum,
assez rare en Dordogne. Ne dépasse pas 5 cm. Même aspect,
gléba ocre à chocolat, odeur et goût plus
prononcés
Tuber
hymalayensis ou truffe chinoise
Origines :
régions du Sei-Shuan, du Yunnan ou
de Shandong, en Chine centrale, ainsi que du Pakistan.
Odeur : parfum volatile bien moins
prononcé que
melanosporum.
Goût :
piètre saveur, mais elle se conserve plus longtemps dans
le réfrigérateur.
Description : aspect proche de melanosporum
quoique plus petite et plus compacte. Autre différence
: elle est lisse, au toucher de pâte à modeler.
Râpée, elle fait penser à de l'emmenthal
frais. Certains escrocs essaient de la faire passer pour
de la Tuber melanosporum.
Remarques : elle se négocie autour
de 55 € le
kilo. Elle serait arrivée en France en 1992. Officiellement,
20 tonnes auraient été importées en
1995.
| |
|
|
|
|
Le
diamant noir du Périgord,
la Tuber melanosporum |
| |
|
|
|
|
SACHEZ
DÉJOUER
LES ARNAQUES !
Certains filous recourent à toutes
sortes d’arnaques pour faire passer les “truffes
blanches d’été” (Tuber aestivum) pour
des Tuber melanosporum. Comme la chair de l’aestivum est
marron striée de veines blanchâtres, alors que celle
de la melanosporum a la couleur d’une bille de charbon,
les filous recourent à toutes sortes d’arnaques
pour la noircir.
Voici les plus connues : utilisation du brou de noix, d’oxyde
de fer. Les moins scrupuleux recourent même à la
macération… avec des pointes rouillées (!),
tandis que les plus “honnêtes” la trempent
dans du jus de melanosporum… ce qui la noircie tout en
renforçant son arôme !
Sources
:
-
Le Guide, Dordogne
Périgord, Éditions
Fanlac, Périgueux,
1994.
– Que faire en Périgord-Quercy ?, Frédéric Dalléas, Éditions Dakota,
Condé-sur-Noireau, 2002.
– L'instinct de gourmandise en Périgord, Michel Testut & Marcel
Pajot, Éditions
La Lauze, Périgueux, 2002.
– Chemins de table en Périgord, Suzanne Boireau-Tartarat, Éditions La Lauze,
Périgueux, 2002.
|