| |
La
milieu naturel
de la truffe
Pour
se développer correctement, la truffe a trois
exigences : un arbre hôte, un terrain calcaire sec et
un climat bien marqué avec une bonne exposition
au soleil. Les
sols truffigènes
Tuber melanosporum est avant tout
essentiellement calcicole, c'est-à-dire qu’elle
affectionne les sols calcaires ou calciques. C’est
ainsi que la carte truffière de France, se confond
avec celle des formations géologiques calcaires.
En Périgord,
la truffe pousse sur les sols argilo-calcaire de type jurassique
(Sorges) ou crétacé (Tour-Blanche).
Les principales
caractéristiques des sols producteurs sont les suivantes
: structure grumeleuse, capacité à retenir
l'eau, équilibre entre argile, limons et sable,
et capacité de drainage. En d’autres termes,
la truffe aime les sols maigres et pierreux, peu profonds
et bien drainés, bénéficiant par ailleurs
d’une bonne exposition au soleil. On notera au passage
que ce sont les mêmes sols que ceux où prospèrent
la vigne.
Climatologie
L’aire
de production de Tuber melanosporum se situe entre les 40
et 47ème degrés de latitude nord, soit dans
une zone géographique bénéficiant d'un
climat tempéré avec des saisons bien marquées.
Le climat idéal de la truffe se caractérise
par un printemps où alternent des périodes
d'humidité et
de chaleur, un été chaud entrecoupé d'orages,
un automne pas trop humide et un hiver pas trop rude, avec
des nuits à – 5°, et des journées
entre 10 et 14°. Théophraste, l'auteur le plus
ancien ayant parlé de la truffe (372-287 av. J.-C.),
expliquait ainsi l'origine des truffes : "végétaux
engendrés par les pluies d'automne accompagnées
de coups de tonnerre".
La truffe
est surtout vulnérable dans son cycle de grossissement,
pendant lequel carences et excès d'eau peuvent lui être
fatals. Exceptée cette période, elle résiste
assez bien, tant à la sécheresse qu'à de
fortes eaux. Dans sa phase de maturité, elle gèle à –7° dans
le soll.
Voici ce
qu’on
peut lire sous la plume d’A. Larbaletrier
(1890) dans son “Document historique et technique
de la truffe”. : “…on peut dire que
le climat de la Truffe est celui de la Vigne. D'une manière
bien générale, il faut reconnaître
que les pluies qui tombent, accompagnées d'orages,
vers le mois de juillet, sont très favorables pour
la production des Truffes. Il n'en saurait être de
même, comme
le fait observer M. le Dr Ferry, des pluies prolongées
de l'arrière-saison, qui mettent un obstacle presque
complet à la venue régulière des Truffes. “Il
est généralement admis que le froid a, sur
la maturation des Truffes, une action très favorable
et qu'une Truffe n'est bonne que si elle a subi l'influence
des
premiers froids de l'hiver. Cette opinion très générale
est très vraie, et les Truffes ne sont vraiment
savoureuses qu'à la fin de décembre et pendant
les mois de janvier et de février. Mais il est bien
entendu que c'est un froid continu dans de justes limites
d'intensité et
de durée qui peut avoir seul cette action.”
Les essences
Comme beaucoup
de champignons, la truffe est incapable de vivre seule, même
sur un sol qui lui est favorable. Il lui faut un partenaire
végétal, en l'occurence un arbre avec qui se
crée un véritable échange de substances
nutritives. Cette association entre la truffe et les racine
de l’arbre se fait par l’intermédiaire
d’un réseau de filaments microscopiques, le
mycelium. L’arbre fournit au champignon
les sucres qu'il ne peut synthétiser faute de chlorophylle,
tandis que la truffe apporte les sels minéraux et
l’eau,
que son réseau mycélien collecte beaucoup plus
efficacement que ne peut le faire les racines de l’arbre.
Cette symbiose s'effectue au niveau de petites
structures mixtes racine-mycelium, les mycorhizes.
La truffe est donc qualifiée de champignon symbiotique
puisqu’elle
est incapable de se développer sans liaison avec un
partenaire végétal. Mais tous les arbres ne
peuvent pas être truffiers.
C'est avec les chênes pubescents ou verts, que la truffe
cohabite le mieux : c'est l'arbre truffier par excellence.
Parmi les
autres symbiotes de la truffe citons le charme, le noisetier,
le tilleul, le châtaignier… et
quelques résineux dont le pin sylvestre et l’épicéa
commun. Les autres essences sont plus marginales : figuier, églantier,
genévrier, prunellier… Genièvres, épervières
et fétuques signalent les terrains propices aux truffières.
| |
LES
ENNEMIS DE LA TRUFFE
– L'homme :
braconniers, mauvais entretiens et vieillissement
des truffières.
– Le gel : gel tardif d'avril et de mai quand la truffe
est en formation, et en hiver, au cours de la période
de récolte.
– La pluie : lorsqu'elle est excessive.
– La sécheresse: en période de formation, en période de fructification, forte
canicule.
– Les maladies : celles des chênes en particulier.
– Les animaux : vers, limaces, lapins, sangliers, etc…
Sources
:
- Le Guide, Dordogne
Périgord, Éditions Fanlac, Périgueux, 1994.
– Que faire en Périgord-Quercy ?, Frédéric Dalléas, Éditions
Dakota, Condé-sur-Noireau, 2002.
– L'instinct de gourmandise en Périgord, Michel Testut & Marcel
Pajot, Éditions La Lauze, Périgueux, 2002.
– Chemins de table en Périgord, Suzanne Boireau-Tartarat, Éditions
La Lauze, Périgueux, 2002.
|