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La
Truffe du Périgord
Présentation
Il
existe une trentaine de variétés de truffes,
huit d’entre elles ayant un intérêt sur
le plan gustatif, mais la plus savoureuse est sans aucun doute
la «truffe du Périgord», la Tuber melanosporum
(la melano, comme l’appellent familièrement ceux
qui ont la chance de la fréquenter).
Ceci
dit, la truffe du Périgord est une appellation botanique
qui ne garantie en rien la région d’origine. En
effet, elle pousse aussi bien dans le Lot ou le Sud-Est de
la France, qu’en Italie ou en Espagne. Elle continue
toutefois à se vendre sous cette appellation parce que,
jadis, les truffes de Sorges et Sarlat passaient pour être
les stars de l’appellation.
La
Truffe n'est pas une excroissance qui se produit sur les racines
de certaines plantes, ni une galle comme on l'a longtemps pensé.
C'est un champignon appartenant à la famille des ascomycètes (car
les spores sont enfermés dans des sacs ou asques)
et qui a cependant deux particularités : celle d’être
souterrain (hypogé) et celle de vivre
en symbiose avec un arbre (chêne, noisetier, pin, tilleul…).
Ce champignon est donc mycorhizé, ce
qui veut dire qu'il a besoin d'un arbre hôte, et saprophyte,
car il se nourrit de matières
organiques de végétaux en décomposition.
Il produit chaque
année des fructifications appelées carpophores,
en forme de tubercule globuleux. Elles sont arrondies, irrégulières
ou lobées : ce sont les truffes proprement dites. Elles
sont enfouies dans le sol à une profondeur de 5 à 30
centimètres. De taille variable (généralement
de 5 à 10 cm de diamètre), son poids moyen varie
entre 20 et 100 g. Elle peut toutefois atteindre les 500 grammes,
voire plus : un spécimen trouvé récemment
aux environs de Sorges pesait 1,147 kg. Le record de la plus grosse
truffe jamais trouvée est de 10,5 kg ! Quand on sait qu’un
kilo de truffes se négocie, en fonction de la qualité et
des années, entre 500 et 1000 euros…
Le cycle de Tuber
melanosporum commence au printemps, entre avril et juin, et dure
neuf mois. Elle grossit pendant l’été et
parvient à maturité pendant l’automne. Elle
commence à se récolter dès les premières
gelées de novembre, et ce, jusqu’à fin février.
Pour de plus amples renseignements, consultez le cycle de la truffe.
Un peu d’histoire…
La truffe est célèbre
depuis l'Antiquité, même s’il a fallu attendre
Brillat-Savarin pour lui donner ses véritables lettres
de noblesse. En effet, pendant longtemps, la truffe ne fut pas
cuisinée à son avantage, parce qu'accomodée le
plus souvent avec force épices. D’après un
passage d'Athénée, les truffes étaient servies
chez les Romains, à la fin des repas, marinées
dans une sauce de gingembre et de cinnamome. Les Arabes faisaient également
cuire les truffes dans un jus d'herbes aromatiques.
Dioscoride, Cicéron,
Pline, Plutarque, Juvénal, Athénée de Naucratis,
Lucullus et Apicius (maître de bouche célèbre à Rome)
tenait la truffe en très haute estime et la considéraient
comme un "présent" des dieux.
Après l’époque
romaine, l’usage de la truffe semble s’être perdu,
et on ne la retrouve plus dans les recettes culinaires du Moyen-Âge.
Il faut attendre la Renaissance (après que les Papes venus
en Avignon l'eurent remis à la mode), pour qu'elle fasse à nouveau
son apparition et devienne l'ordinaire des fêtes princières.
Les
vertus thérapeutiques… et
aphrodisiaques ?
Les Grecs et les
Romains prêtaient à la truffe des vertus thérapeutiques
et aphrodisiaques, pouvoir qu'on lui reconnaissait encore au
XIXe siècle. Les Maures connaissaient également
la truffe et le grand médecin arabe Avicenne la recommandait
aux malades. On lui attribue encore les vertus médicinales
suivantes : contre la faiblesse, vomissements, douleurs, gouttes,
pour la cicatrisation des plaies, etc...
Mais au fait, la
truffe est-elle aphrodisiaque ? La réponse est loin d'être établie.
Cependant si la truie cherche naturellement des truffes, c’est
parce qu'il émane de celle-ci des parfums identiques à certaines
substances que l'on trouve dans les organes sexuels du porc ! Il
s’agirait d’une phéromone, «stéroïde à forte
odeur musquée analogue à celle des testicules du
verrat transférée aux glandes salivaires pendant
la phase de pré-saillie. Le rôle biologique de cette
phéromone pourrait expliquer l'ardeur et la motivation de
la truie pour la truffe.» (1) Claus R., Hoppens H.O.,
Karg H., 1981. The secret of truffles : a steroïdal pheromone.
Expérimentia, 1178-1179.
Valeur gastronomique
Une chose est
sûre la truffe ne laisse pas indifférent. Son parfum
est très puissant et inoubliable, mélange à la
fois de concrétion minérale et de sécrétion
animale. La truffe noire du Périgord a une incomparable
odeur de sous-bois, de terre et d’humus, sublimée
de fruits secs torréfiés. Son goût est finement
poivré et rappelle les odeurs déjà citées.
La truffe noire du Périgord agrémente tout ce qui
est à son contact.
Ces qualités
organoleptiques exceptionnelles, ainsi que sa relative rareté,
font de la truffe l’une des denrées alimentaires les
plus onéreuses au monde. C’est l'un des rares produits
agricoles dont la demande est très supérieure à l'offre.
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Le
diamant noir du Périgord,
la Tuber
melanosporum
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CLASSEMENT
Nom
latin : Tuber
melanosporum
Subdivision : Ascomycète
Classe : Hymenoascomycète
Ordre : Tubérales
Famille : Tubéracées
SA
COMPOSITION
Grâce à ses
principes aromatiques, la truffe est un aliment complet, plus
digeste que les viandes. La truffe se compose de 75 % d'eau et
25 % d'extrait sec qui contient rapporté à 100
:
– 20,40 matières organiques
– 2,40 azote
– 2,20 cendres qui contiennent, elles mêmes, rapportées à 100
:
– 18,90 acide phosphorique
– 2,40 acide sulfurique
– 0,41 chlore et iode
– 7,48 chaux
– 8,85 magnésie
– 23,77 potasse
– 0,60 soude
– 7,50 peroxyde de fer, alumine
–28,05 silice
– 10,04 acide carbonique et des traces d'oxyde de magnésie.
SES
SUPERLATIFS
Les
superlatifs qui lui sont attribués témoignent
éloquemment de sa valeur :
«Diamant de la Cuisine»
Brillat-Savarin
«Perle noire»
Fulbert Dumonteil
«Pomme féérique»
George Sand
«Gemme des Terres pauvres»
Colette
«Négresse Reine»
Émile Goudeau
Sources
:
-
Le Guide, Dordogne Périgord, Éditions Fanlac, Périgueux,
1994.
– Que faire en Périgord-Quercy ?, Frédéric Dalléas, Éditions
Dakota, Condé-sur-Noireau, 2002.
– L'instinct de gourmandise en Périgord, Michel Testut & Marcel
Pajot, Éditions La Lauze, Périgueux, 2002.
– Chemins de table en Périgord, Suzanne Boireau-Tartarat, Éditions
La Lauze, Périgueux, 2002.
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