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Issigeac autrefois


Crédit : Textes et photos, Le Journal du Périgord.

Les premières traces d’occupation humaine remonteraient, ici, à l’Acheuléen. In situ, des vestiges archéologiques témoignent d’activités au Moustérien, au Néolithique et à l’Âge du Bronze. Au IVe siècle de notre ère, se trouvait là une villa gallo-romaine dont la partie balnéaire, ornée de mosaïques et d’éléments décoratifs en stuc, a été mise au jour en 1994 à l’occasion de travaux de voirie. On retrouve un peu plus tard, en cette même place, une nécropole mérovingienne, ruinée lors des invasions barbares. Des marques évidentes de prospérité, relayée ensuite par un monastère puis par une abbaye bénédictine mise sous la protection de celle de Sarlat, tous deux placés au XIIe siècle sous la protection papale.

 
  .: Au Sommaire
  Présentation
Issigeac autrefois
Un réveil salutaire
Un développement à encadrer

Issigeac : l'une des nombreuses maisons à colombages

C’était alors les prémices d’un mode de fonctionnement tout à fait original et donnant une certaine force au village qui dû toutefois se blottir à l’intérieur de ses remparts afin de se protéger des combats de la guerre de Cent Ans. Issigeac sera en cette période dirigé par un doyen, abbé du monastère et seigneur d’Issigeac, qui possédait le pouvoir temporel et spirituel en partageant celui-ci avec les Prud’hommes représentant du peuple. Les règles de la vie quotidienne seront édictées à l’élaboration de la coutume en 1298, qui définissait les droits et les devoirs de chacun.
Les évêques de Sarlat s’installent à Issigeac dès 1317; ils y resteront jusqu’à la Révolution française en conférant (selon la période) au village une grande indépendance et une protection honorable. L’église actuelle fut construite au XVIe siècle par Armand de Gontaut Biron mais eut à souffrir, comme toute la cité, des Guerres de Religion. Le calme ne revint qu’au XVIIe siècle, avec la reconstruction de l’édifice et du château tel qu’il se présente aujourd’hui sous l’épiscopat de François II de Salignac de Lamothe-Fénelon, oncle du célèbre écrivain. Enfin, malgré un regain d’activité au XIXe siècle, le village s’endormit au début du siècle dernier, ce qui, par chance, le préserva des grands réaménagements malheureux du siècle dernier.

 
 

HISTOIRE ET LÉGENDES
Comme dans tous les coins et recoins du Périgord, l’histoire et les contes s’imbriquent et se racontent ici depuis des millénaires. Qu’ils soient attestés dans leur véracité ou qu’ils relèvent de la légende, les récits qu’ils composent ont toujours au moins un fond de réalité, vérifiable in situ par les incrédules comme par les rêveurs. En voici deux.
Alors que la cité d’Issigeac était protégée par les bulles papales de 1153 et 1170 et qu’elle bénéficiait, en outre, à cette époque de l’immunité royale, elle fut attaquée, en 1300, par Renaud de Pons, seigneur de Bergerac. Ce dernier pilla, brûla cinquante maisons et rasa les faubourgs sans qu’aucune résistance ne lui soit opposée. Le belligérant fut donc condamné par le parlement de Bordeaux à être banni de France et ses biens furent saisis pour financer la reconstruction de la ville; il dû même – dit-on – rétablir les fourches caudines en y replaçant les pendus qui s’y trouvaient! (D’après un texte de Jean Manoeuvre).
Un chapitre plus ancien. Issigeac relevait à l’origine d’un culte à la lune et les habitants de
Boisse détenaient celui du soleil. Une nuit, les Issigeacois d’alors partirent vers le village voisin afin de récupérer l’astre du jour en le chargeant à son lever à dos-d’âne pour l’entraîner vers sa nouvelle demeure. Sur le chemin du retour, très précisément au niveau de Péchalvès, l’animal se cabra et fit tomber le soleil à terre. Celui-ci se brisa et fut à jamais perdu pour les habitants d’Issigeac.

 
 
Un instrument historique : Il n’est pas unique mais sa rareté est indéniable et justifie pleinement une halte au Café de France, dans la Grand’Rue. Là, Marie-Thé, propriétaire des lieux, raconte bien volontiers aux amateurs comme aux collectionneurs l’histoire du Symphonion d’Issigeac, instrument étonnant, en place dans l’établissement depuis 1890. Appelée également “polyphone” ou “Régina”, cette boîte à musique aux dimensions respectables attire légitimement toutes les curiosités avec des origines remontant à la seconde partie du XIXe siècle. Si la plaque d’ « A. Lacape, facteur de pianos et orgues à Périgueux » est apposée au bas du meuble, le procédé auquel il se réfère a été conçu à Frankfort, en Allemagne. Sans abandonner le système de lamelles se soulevant sur les aspérités d’une surface perforée, les spécialistes d’Outre-Rhin avaient alors remplacé le cylindre traditionnel par un large disque.
On entendait autrefois le symphonion dans les lieux publics, les bals, les cafés et l’instrument résonnait – dit-on – jusque dans les rues alentour.
  ESSAI
Il semble, aujourd’hui, que l’instrument d’Issigeac ait perdu un peu de sa puissance mais il fonctionne toujours, pour peu que les mélomanes aient dans leur poche des pièces de 10 centimes datant de Napoléon III ou de 10 cents anglais de l’époque.
Une belle pièce qui suscite évidemment bien des convoitises, notamment celles des musées ou de collectionneurs américains… Mais qui aura résisté pour l’instant aux offres mirobolantes pour rester dans les murs du village.


 
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