Dordogne Périgord : Hébergements de vacances en Dordogne Périgord (hotel, camping, gite, chambre d'hotes)
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Tocane-Saint-Âpre,
notre Cythère d'enfant


Crédit : Textes et photos, Le Journal du Périgord. En collaboration avec Alain Serbat et la participation de Michel Debet.

 
  .: Au Sommaire
  Première partie
Deuxième partie
Troisième partie

 
L’hôtel Paradol construit au XVe siècle est le siège du musée du costume et de la bibliothèque.
Ci-contre: Hôtel de lafilolie construit au XVIIe siècle, ancienne demeure des Varailhon de lafilolie.

Bien consciente de sa vocation touristique Tocane-Saint-Âpre s’est dotée d’un camping trois étoiles pouvant accueillir plusieurs centaines de personnes, relié au bourg par une vaste allée et a fait naître une manifestation festive durant toute la période estivale. Le lieu s’y prêtait, il suffisait d’installer un “kiosque”, une piste de danse en plein air et un chapiteau pour que vive chaque été “l’esprit guinguette”. Tocanais et campeurs viennent guincher à la bonne franquette et sans façon, au son de l’accordéon.
Mais le canton a pris une forte orientation vers les sports de pleine nature, avec le RAID de Douchapt (créé en liaison avec les élèves du collège), le trail de Grand-Brassac, le Raid de l’IUT organisé sur le site du camping, et les randonnées hebdomadaires. Les municipalités ont décidé, en accord entre elles, de créer des activités complémentaires et non concurrentes, une maison du VTT à Montagrier, avec un club très actif, une maison de l’escalade à Paussac, un mur d’escalade installé dans le gymnase intercommunal, ont fourni les bases d’un programme cantonal de sports de pleine nature qui monte en puissance.
Et puis il y a la pétanque. Ici c’est un sport national. Un véritable rite. Sur l’immense allée qui mène au camping municipal, et qui a été aménagée au fil des ans par le club de pétanque et la municipalité. Chaque vendredi soir pendant la saison des concours, une foule d’amateurs de pétanque disputent des tournois. Le club a construit lui-même son « club house » et éclairé les terrains. Les rendez-vous du vendredi rassemblent amateurs locaux et campeurs, qui trouvent dans cette distraction un moment de rencontre et de convivialité. Le plan local d’urbanisme, réalisé afin de poursuivre les efforts d’organisation du bâti, a prévu la création de villages nouveaux, aux Trémolades (8 logements en locatifs bâtis par « horizon habitat » et à la Ribière (16 lots qui vont être construits bientôt). Le but recherché est de constituer de vrais villages, rassemblant une dizaine de maisons, plutôt que d’encourager la multiplication des maisons le long des axes routiers.
R
etournons vers le patrimoine ancien et, plus particulièrement, de l’église. Pourquoi deux portes, au lieu d’une grande entrée unique? Après la fusion des deux communes en 1852, il fut décidé, lors de la création d’une église nouvelle, remplaçant les deux églises romanes détruites pour permettre le passage de l’axe routier Périgueux Ribérac, que chaque commune originelle aurait sa porte: les Tocanais entraient par la porte de gauche et les Saint-Abrais par celle de droite. De nos jours, seule une entrée est utilisée… Laissons à Pierre Pomarède la magnifique ode à Tocane-Saint-Âpre donnée par sa plume :
« C’était la Dronne de notre enfance, celle des Prés-secs, où nous pêchions les gardèches et parfois le goujon; celle des premières baignades après que le plus courageux a certifié que “l’eau était bonne”. C’était le lavoir de Perdux où les brouettes de Joanna et de Maria déversaient le linge et les draps; la rivière où notre canoë se faufilait sous des herbes fleuries, parmi les libellules, et abordait sur des îlots minuscules: c’était notre Cythère d’enfant. »
L’emprunt à Baudelaire, à Jean de La Fontaine chantant en leur temps les amours de Cythère, le voyage dans cette île de la mer Égée est ici à contempler comme le sanctuaire de la liberté et de la plénitude.
Théophile Gautier évoquant “L’embarquement pour Cythère” du peintre Jean-Antoine Watteau a laissé: «Mais quels mots pourraient exprimer ce coloris tendre, vaporeux, idéal, si bien choisi pour un rêve de jeunesse et de bonheur, noyé de frais azur et de brume lumineuse dans les lointains, réchauffé de blondes transparences sur les premiers plans, vrai comme la nature et brillant comme une apothéose d’opéra?» Est-ce trop ou pas assez pour cet îlot de bonheur qu’est Tocane-Saint-Âpre?
Il y a bien dans ce petit coin du Périgord une transposition en verbes et rimes d’un tableau de Watteau. Ici le poème est empreint de sensualité, avec un baiser empreint de fièvre qui n’est plus sur la dernière phalange mais sur la bouche, et une nature qui participe de la fête dans une sorte de communion à travers des claires-voies laissant passer les regards, les odeurs dans une sorte de féerie épicurienne. En toute simplicité, dans l’intimité unique et exclusive de chacun d’entre nous. Une sorte de privilège presque divin que l’on finit par oublier comme toutes les bonnes choses.

   
 
Au sommet de la place des Tilleuls, face à l’église quelques signes extérieurs de sagesse soulignent subtilement qu’une bourgeoisie républicaine s’est établie au début du XXè siècle. Elle contribue au rayonnement de Tocane-Saint-Âpre.
Repli sacré de générations écoulées, protégé par l’église, véritable album de familles, chaque maison
est une composition idéalisée du “païs” une expression immaculée du temps jamais figé et pourtant immuable dans son mouvement.


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