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Lorsque
John Bost fut nommé pasteur dans le village de La Force
en 1844, il ne se doutait point qu’il influerait autant
sur la destinée de ce lieu. Sensibilisé aux douloureux
problèmes sociaux de l’époque, il mit toutes
ses forces pour faire partager ses préoccupations, ses
volontés, ses actions. En 1848, un premier pavillon, La
famille Evangélique, accueille les jeunes filles “en
danger moral”. La fondation était née et
en 1877 elle fut reconnue d’utilité publique. Jusqu’à sa
mort, en 1881, neufs pavillons furent édifiés pour
accueillir, soigner, accompagner des malades mentaux, handicapés,
polyhandicapés, personnes dépendantes.
Aujourd’hui, 22 pavillons accueillent les résidents,
17 en Aquitaine sur 200 hectares et 5 communes, 1 en Midi-Pyrénées,
1 en Limousin, 1 en haute Normandie. Chaque pavillon propose un accueil,
lié au projet de vie et de soins, spécifique et complémentaire
des autres. Les pavillons sont unis entre eux par une même
motivation, un même esprit de service, celui même que
John Bost avait tracé. Trois de ses volontés sont toujours
porteuses.
« Ceux
que tous repoussent, je les accueillerai au nom de mon Maître ». La Fondation propose toujours des solutions
pour ceux qui n’en trouvent pas dans le reste de la France.
Mais la notion d’asiles reclus n’est plus. Plus de 6000
bienfaiteurs et la communauté protestante soutiennent la Fondation
pour perpétuer cette volonté.
« Sans
mur, ni clôture ». Les résidents
sont accueillis dans un environnement paisible et ouvert, sans murailles,
ni barrières, espace protégé, totalement intégré,
libre de passage.
« Nous mettrons des fleurs sur leur chemin ». Pour toutes
ces personnes dont l’univers de vie est restreint, il est fondamental
d’offrir un environnement beau à regarder et un espace
de vie très agréable. En Dordogne, 17 pavillons accueillent
un millier de personnes, 12 sur La Force-Prigonrieux, un sur Bergerac,
trois sur Saint-Pierre-d’Eyraud, un sur Port-Sainte-Foy. À Bergerac,
se trouve un centre de formation. 680 personnes travaillent sur le
site de La Force.
Projet
de vie, projet de soins
L'accueil
de personnes handicapées et malades mentales se fait dans
des structures à caractère sanitaire ou médico-social
dans laquelle une prise en charge globale de la personne est proposée.
Chaque personne bénéficie d’un projet individuel
dans un cadre adapté à son handicap ou ses troubles
psychiques. Selon les besoins et l’âge, chaque projet
individuel associe soit une action médicale ou paramédicale,
soit une action pédagogique et culturelle, soit une mise
en activité, avec des temps de socialisation.
Accueillant
des résidents de tous horizons et de toutes
confessions, la Fondation s’appuie sur son ancrage protestant
pour l’accompagnement spirituel des résidents avec
la présence constante de deux pasteurs.
Accueil,
rencontres, visites
« Ce
fut un week-end lumineux… Ce qui m’a frappé,
c’est la lumière intérieure de tous ceux que
nous avons rencontrés. C’est un lieu profond, très émouvant,
où souffrance rime avec espérance », tels sont
les propos que l’on entend souvent de visiteurs, de groupes
de jeunes, de groupes d’aînés, de classes de lycées
professionnels qui viennent de toute la France et même de pays étrangers.
Oui, il faut avoir la force de venir à la Force comme ces
150 jeunes qui viennent en “volontariat d’été” pour
y découvrir le milieu du handicap mental, vivre une expérience
enrichissante, ou des rencontres interculturelles. Oui, il existe
un bénévolat de proximité pour accompagner des
personnes dans un train, une voiture, un avion, pour participer à la
chorale des résidents, animer les ateliers.
Il suffit de téléphoner, de s’inscrire et de
s’adresser au service du volontariat. Depuis les origines et à l’instigation
de John Bost luimême, la Fondation aime à faire partager
ce qu’elle vit au quotidien avec les personnes handicapées
et malades mentales.
Perspectives à l’horizon
2010
L'évolution
de la société, de plus en plus attentive aux conditions de vie
et de soins des personnes malades ou handicapées mentales, conduit La
Fondation John Bost à poursuivre son action tout en réfléchissant
aux nouvelles réponses à donner à l’immense détresse,
souvent cachée, de ces personnes malades et de leur entourage. L’institution
qui accueille un malade doit être proche de sa famille, car le lien entre
institution et famille est un facteur essentiel du mieux-être de la personne.
C’est pourquoi elle s’est engagée, après discussion
avec les partenaires sociaux de la Fondation, en partenariat avec les autorités
sanitaires et médicosociales, dans une profonde évolution. « Nous
devons grandir, mais pas grossir » explique le directeur adjoint Jean-Nicolas
Fichet. « L’idée de restructuration ne doit pas être
synonyme de réduction d’activité et de personnel, même
si la gestion doit être stricte en matière de dépenses et
de contrôle mais se pose en terme de réorganisation et d’adaptation
aux nouvelles normes et exigences des malades et des handicapés mentaux »,
précise-t-il. D’ailleurs la fondation a un faible taux d’endettement,
ce qui est un signe de sa bonne santé et le budget financier est en équilibre. « Il
faut toujours veiller à gagner, rien n’est jamais assuré ».
Restructuration
et rénovation
Sur
le site de La Force, un programme de restructuration
et de rénovation des pavillons est mis en
place pour permettre à chaque résident
de vivre dans les conditions de confort et d’intimité proches
de celles que chacun souhaite pour lui-même
et sa famille. L’assurance maladie ne couvrant
qu’imparfaitement les besoins de soins et de
présence des résidents, un tel programme
ne peut se faire qu’avec le soutien considérable
des amis de la Fondation. Ce programme de réhabilitation,
de remise à neuf s’étale sur
8 ans et s’élève à 50
millions d’euros.
Une
dynamique d’essaimage
Pour
épondre aux familles de toute région qui sollicitent
la Fondation, cette dernière va s’efforcer, d’ici
2010, de créer de nouveaux pavillons et d’accroître
les capacités d’accueil des pavillons situés
dans les autres régions.
Deux établissements devraient prochainement être ouverts
dans la région Île de France.
La Fondation est à mi-chemin de ces évolutions qu’elle
envisage avec confiance, mesurant le défi qu’elles suscitent.
Ces évolutions sont capitales pour l’avenir de la Fondation,
qui doit plus que jamais, tenir le bel engagement de John Bost.
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