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Découvertes > Cités
en Périgord > Villes
et villages > Coulounieix-Chamiers |
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Coulounieix-Chamiers,
L’histoire
Crédit
: Textes et photos, Le
Journal du Périgord.
Jean-Claude
Carrère, l’historien de la commune et ancien enseignant,
a laissé son empreinte avant de s’installer sur
Chancelade. Une trahison ? Non, ici il y a des mots qui n’ont
pas de sens. C’est tout juste à côté vous
dira-t-on avec malice. Un Jean-Claude Carrère
qui a fixé cette mémoire locale dans un ouvrage
avec les éditions de Pierre Fanlac dont l’imprimerie
est venue orner la dynamique économique. « La
population de Coulounieix-Chamiers, ouvre Jean-Claude Carrère,
souvent tournée vers Périgueux, est aussi quelque
peu écartelée entre deux pôles d’influences
exercées par le vieux bourg, perché sur les hauteurs,
et la récente cité HLM, près de la rivière. »
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Le
mythe du camp romain
de César
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Jean-Jacques
Escande, historien du Périgord, évoquant Coulounieix-Chamiers,
dit : « parmi des débris de l’âge du
Bronze et de l’âge du Fer, on a découvert des
monnaies en argent, au type curieux, portant d’un côté des
têtes et des signes étranges, et de l’autre
des animaux de frise, des arbres, de petits cercles (…) il
s’agit, ici, de traces de l’occupation gauloise, mais
le site fut aussi habité à l’époque
gallo-romaine. Les ruines de la villa de Chamiers “occupent
plusieurs hectares” ; il y a été trouvé les
vestiges de thermes et d’un petit temple ». |
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Chantal
Tanet et Tristan Hordé, dans leur incontournable Dictionnaire
des noms de lieux du Périgord s’arrêtent sur
cette commune. Écoutons-les : « Le nom de Coulounieix
est relevé dans un pouillé du xiiie siècle
sous deux formes, Colemnes et Colemphau. On trouve plusieurs
graphies jusqu’au xviiie siècle ; la première
correspond à la reconstruction de l’église
dans Ecclesia nova (église nouvelle) de Colompnes (1346)
; un peu plus tard, on a Colonyes (1382) puis Colupnhes en 1415.
Couloigneys apparaît au début du xviiie siècle
(1715). L’origine du nom n’est pas claire. Il pourrait être
rattaché, comme d’autres noms de lieux, au latin
columna “colonne”, occitan colona ; le mot ferait
alors référence à la colonne romaine, c’est-à-dire
la borne indiquant les distances. Il est vraisemblable d’y
voir un représentant du latin colonia (occitan colonïa),
suivi du suffixe -ensem- ; à l’origine le lieu aurait été un
domaine dépendant d’une colonia, d’une terre
que cultivait un colonus, fermier libre mais attaché au
sol. Quoi qu’il en soit, on s’accorde sur l’origine
latine ».
La grotte
sépulcrale de Campniac
Ceci
dit, l’histoire de Coulounieix et Chamiers nous amène
beaucoup plus loin encore. Ainsi, la grotte sépulcrale
de Campniac. C’est en 1880 que des membres de la toute
jeune Société historique et archéologique
du Périgord la découvre « sur le versant
du coteau de La Boissière, à deux cents mètres
de l’entrée du vallon de Campniac », où l’oppidum
barré d’Escornebœuf témoigne de
la présence des hommes du Néolithique sur les
coteaux de la commune.
Le mythe
du camp de césar
Le site
de la Curade, sur la hauteur, entre Chamiers et Coulounieix,
trop hâtivement baptisé “camp de César” nous
amène à l’époque gauloise. Ici,
une vaste cité pétrocore fut érigée
sur 35 hectares, un siècle avant J.-C. et protégée
par un imposant rempart de terre d’un kilomètre
de longueur, au moment de la guerre des Gaules. C’est
dans la boucle de la rivière que les Romains construisirent,
au Premier siècle, un sanctuaire rural accompagné de
deux édifices thermaux. Christian Chevillot, archéologue,
a travaillé longtemps sur ce site dans les années
quatre-vingt.
Comme
le conclut Jean-Claude Carrère : « C’est
ainsi que se construisent les légendes et que se baptisent
les lieux-dits. En fait, le camp est bien gaulois, César
n’est jamais venu dans la région et les Romains
n’ont jamais été écrasés à La
Boissière par des Obélix locaux ».
Christian Chevillot en rit : « Non, c’est
bel et bien l’emplacement d’une cité pétrocore ».
Dommage…
La source
des Jameaux
Cette
source se situe sur le territoire de la commune, près
de Campniac, dans un vallon tortueux et resserré, entre
la colline sur laquelle est le château de Beaufort et
celle où se trouvent les villages de Toirat et du Soucheyx.
Cette source alimentait Vésuna avec les autres sources
que sont celles du Toulon, de l’Arsault et du Petit-Change.
Il longeait les pentes d’Escornebœuf et non celles
de La Boissière et constituait un ensemble architectural
imposant.
L’occupation gallo-romaine fut importante. Au Printemps de 1886, on mit à jour
les vestiges d’une villa située dans la plaine de Chamiers. Il
est vrai que le lieu se prêtait admirablement à cette implantation.
L’arrivée des ateliers du chemin de fer avec l’implantation
d’une voie ferrée puis l’arrivée des Américains
donnèrent un coup de grâce aux dernières traces de thermes
identifiés. Un témoin parle des bulldozers de l’armée
américaine qui « eurent assez de mal à venir à bout
des murailles romaines ».
La
période médiévale
Avec
la fin de l’époque gallo-romaine, le territoire de
Coulounieix
est abandonné. Il devient une zone d’insécurité où se
côtoient les marginaux et quelques paysans. C’est une période
de brouillard. La rive gauche de l’Isle accueille les indésirables,
les exclus, les indigents. Entre Campiac et la maison dite de La Maladrerie ou
Maison Charroux, on retrouve des habitats troglodytes aménagés
vraisemblablement par des individus peu recommandables. Pour ce qui concerne
la fameuse Maladrerie, située le long de l’Isle, au bas du coteau
d’Escornebœuf, écoutons l’abbé Audierne, historien
du xixe siècle : « Arrivé au pied du coteau, vous rencontrerez
une maison bâtie à pic sur le rocher, luttant contre les flots de
la rivière. Ses cheminées bizarrement construites, ses ouvertures
en plein cintre et à larges voussoirs, fixeront votre attention. Demandez à pénétrer – ce
n’est plus possible aujourd’hui – : ces mêmes cheminées,
bâties en forme de coupoles et ornées de sculptures en pointes de
diamant, prolongeront votre admiration. Vous vous trouvez dans une ancienne léproserie,
destinée à recevoir les pèlerins ou les croisés à leur
retour de la Palestine, la seule qui n’ait pas été entièrement
détruite des autres que Périgueux possédait… » Jean-Claude
Carrère reprend : « C’est ainsi que l’on construit les
légendes. En fait, nous ne sommes pas là en présence d’une
maladrerie, mais d’un hôpital qui prit le nom de son fondateur, Charroux,
premier gouverneur ou commandeur au début du xiie siècle ».
Selon l’abbé Pécout, cette construction daterait entre
1130 et 1138.
Du XVe au XVIIe siècle,
les repaires nobles fleurirent : La Rolphie, Beaufort,
Montgaillard, La Rampinsolle… Autant de constructions qui confirment que
les paysages, les sites et l’air de ce qui est aujourd’hui la commune
de Coulounieix-Chamiers étaient reconnus et appréciés. Ce
sont, à présent, des propriétés privées que
l’on peut admirer au hasard de balades sur la commune.
C’est en 1824 que les paroisses de la Cité et de Coulounieix, devenues "Communes",
furent réunies en une seule. Une originalité essentiellement liée à l’organisation épiscopale.
Après une tentative d’industrialisation dans la seconde moitié du
XIXe siècle, Coulounieix deviendra plutôt un lieu de plaisirs avec
les guinguettes de Campniac, l’hippodrome de Chamiers qui servit parfois
de terrain d’aviation où eut lieu le 1er meeting aérien de
la Dordogne, le 21 avril 1911. On prétend qu’il y eut plus de quinze
mille personnes. Puis, le Ministre de l’Air de l’époque décida
que l’aéroport de Périgueux serait à Bassillac, lequel
fut inauguré en mai 1937. Il en était de même pour les courses
hippiques qui continuèrent jusqu’en 1939. |
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Le passage de Campniac
Le bac de Campniac qui reliait, par la rue de Campniac, le quartier de Vésone
situé sur la commune de Périgueux et Chamiers sur la rive gauche
de l’Isle fait partie de la mémoire collective des plus anciens.
Au xve siècle, déjà, c’était un lieu de passage.
Un bac y existait.
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En
septembre 1873 un bar fut officiellement mis à disposition
des promeneurs qui voulaient faire une promenade. Très
vite une guinguette s’installa, une buvette suivie
et se fut une “sortie” très prisée, à la
mode qui dura jusqu’avant la Seconde Guerre mondiale.
On a du mal, aujourd’hui, à imaginer les centaines
de personnes se rendant pour danser, s’amuser, déjeuner.
Il y avait des bals, des pièces de théâtre.
En 1942, la société périgourdine de
natation y construisit un pont flottant sur l’Isle
pour l’entraînement des nageurs. Au début
des années soixante le bac fut supprimé sans
autre forme de procès.
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Le
maire de Coulounieix-Chamiers, Michel Dasseux, qui
avait connu les dernières
années de ce fameux bac, s’est fait un point d’honneur à le
faire rétablir en 2003. |
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