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Découvertes > Cités
en Périgord > Villes
et villages > Coulounieix-Chamiers |
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Coulounieix-Chamiers,
Bien dans ma ville,
bien dans ma vie
Crédit
: Textes et photos, Le
Journal du Périgord.
De l’ancienne
terre du fermier libre de l’époque gallo-romaine à l’arrivée
de la “Bête humaine”, puis des Américains
et des réfugiés d’Afrique du Nord, Coulounieix
et Chamiers ont convolé en justes noces, en 1958. Contraste
et équilibre entre deux mondes, entre deux histoires
qui forment, aujourd’hui, un avenir commun.
Voici
une ville qui se mérite. Aux portes de Périgueux,
traversée
par la route nationale 89 qui ne cède point au romantisme
et à la visite, la commune de Coulounieix-Chamiers décline
son histoire sur deux mille ans. Étonnante cité qui,
aujourd’hui, flanquée d’immeubles aux accents
populaires se double de résidences, villas et demeures à la
note bourgeoise. Il y a là une vie intense et joyeuse retrouvée
dans les bars au métissage social assuré. Ce clivage
est visible, dans la géographie, l’urbanisme et résulte
d’une histoire commune et d’histoires individuelles.
Il y a dans le paysage de la nature, des constructions et des cheminements
humains autant de contrastes que d’équilibres. Une étonnante
alchimie. On ne réside pas à Coulounieix-Chamiers,
on y vit.
Deux bourgs
composent, à l’origine, cette localité :
Coulounieix et… Chamiers. Côté Chamiers, on
domine la rive gauche de l’Isle et la ville de Périgueux
pour rejoindre, à l’ouest, les collines de Marsac-sur-l’Isle.
Quelques collines, toute en rondeur, La Boissière, La Curade,
Escornebœuf retrouvent le vieux bourg de Coulounieix. Plus
au sud ce sont les collines de Saint-Augutre et Pareau.
L’ensemble
des deux communes ne cesse d’être
bicéphale, en contraste jamais en opposition. Cette vision
est omniprésente, presque génétique.
Le vieux bourg de Coulounieix s’est couvert de résidences,
signes d’une société qui ne néglige
pas la réussite.
Chamiers,
jadis attribué à la culture a connu trois
vagues de migrations qui scellent l’image actuelle : le chemin
de fer, les Américains, puis les rapatriés d’Algérie.
La première vague, à la fin du xixe siècle
s’explique par l’arrivée du chemin de fer. Les
ateliers d’entretien et de réparation des voies ferrées
s’y étant implantés avec, en face, sur la rive
droite de l’Isle les prestigieux ateliers des locomotives
et wagons de la Compagnie du Paris-Orléans. L’urbanisation
s’y est faite au travers d’un petit monde d’ouvriers,
d’artisans et de commerçants.
La seconde vague est celle des Américains, lesquels, dès
lors, font partie de l’histoire de la commune. Ainsi, c’est
en 1917 que les Américains choisissent Chamiers pour y implanter
un dépôt militaire. Ils reviendront en 1954 et ce,
jusqu’en 1966. Une période faste, un peu frivole et
tintée de rêve. L’immense ensemble sera détruit
en 2005. Mais la mémoire demeure.
Troisième
vague, celle des “pieds-noirs”. Ceux-ci, à partir
de 1962, arrivent par dizaines. Il faut les loger. De vastes chantiers
sont engagés d’où surgissent ces fameuses Hlm
qui faisaient la gloire des élus locaux.
On
l’a compris, par les hasards de l’histoire, par tradition
désormais, Chamiers accueille et intègre ces populations
en quête d’un devenir. Coulounieix s’alanguit
et attend son heure.
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Depuis
son arrivée, en 1989, le maire, Michel Dasseux, a su faire
tonner
sa voix afin que les ambitions affichées devant le peuple résonnent
dans les faits. Presque vingt ans et les plus anciens peinent à se remémorer
le passé. Au “Totem”, le tabac journaux de l’avenue
du Général-de-Gaulle, on refait la vie locale en achetant la presse
du jour. En face, c’est “Le Sporting”, bar-Pmu, lieu privilégié où aiment
se retrouver les sportifs et les joueurs. On se rappelle que l’an passé,
il y a eu une véritable catastrophe : le glissement de terrain sur la
route nationale avec, sur près de cent mètres de longueur, une
chaussée effondrée. On a évacué du monde, même
le boulanger Deltreuil, une figure locale. À la Mairie, ce fut un vrai
cauchemar. Une fois de plus, Michel Dasseux n’a pas failli à son
tempérament et, en moins de deux, les mesures étaient prises et
il arpentait les administrations pour que tout rentre dans l’ordre. Et
ce fut ainsi.
En ce mois de février,
c’est l’expulsion de Hema Diallo qui
anime les conversations. Le jeune joueur du club de football, de nationalité guinéenne,
en situation irrégulière, avait été adopté par
tous. Le zinc résonne d’une solide conviction : pas lui. Même
si, par ailleurs, surtout pour les autres on n’est pas contre. Mais pas
lui.
Sur la place Salvador-Allende
réservée aux marchés, ce mardi
matin on se retrouve pour les achats mais aussi, tout simplement pour bavarder.
Et là aussi, on s’épanche sur les dernières nouvelles
de cette multitude de petits villages qui composent la commune.
Avec Marie-Odile Lamy,
une Colomniéroise avérée, on prolonge
ce tempérament gagnant. Cette dernière est une des rares handicapées à avoir
un permis moto. Et ça marche.
C’est encore l’artiste
José Corréa qui a choisi Coulounieix-Chamiers
pour dresser son atelier de peintre.
C’est aussi l’intrépide Jean-Pierre Roussarie, fondateur du
Club Unesco, une vénérable institution de la Ville qui réunit
régulièrement plusieurs dizaines de personnes autour d’un
thème. Ce mardi de fin janvier, il accueille Isabelle Santos, journaliste
et rédactrice en chef du site internet "les conférences de
la Cité", direction Sciences et Société à la
Cité des Sciences et de l’Industrie. Il est vingt heures et quinze
minutes comme d’habitude. Nous sommes dans le Centre Gérard-Philipe.
On papote joyeusement et, au signe de Jean-Pierre, tout le monde s’assoit
et s’assagit. Un vrai rituel. |
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Comment
négliger le curé, Christian Dutreuilh,
qui ouvre en toute
complicité avec le maire, laïque sans réserve, son église,
Notre-Dame-de-Chamiers, pour accueillir un concert comportant une centaine de
choristes. Un curé passionné de cinéma et qui le témoigne
sur les ondes de France Bleu Périgord. D’un humour finement ciselé,
il compose avec Michel Dasseux dans l’esprit d’un “Don Camillo
et Peppone”. Un régal roboratif par ses temps d’intolérance.
Tout
un petit monde, divers, éclairé, dynamique.
Ils sont ainsi des dizaines à témoigner de
la vitalité de cette commune qui a, si élégamment
et justement, choisi son slogan : bien dans ma ville, bien
dans ma vie.
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