|
 |
|
|
|
 |
|
|
|
 |
|
|
|
 |
|
Edition
locale en
ligne
de France 3 Périgords |
|
|
| |
Dordogne-Perigord.com
:
Périgueux,
Bergerac, Sarlat, Nontron, Brantôme, Thiviers, Excideuil, Ribérac,
Hautefort, Montpon-Ménestérol, Saint-Astier, Mussidan, Vergt,
Terrasson, Thenon, Montignac, Le Bugue, Issigeac, Beaumont du Périgord,
Sigoulès, Eymet,
Monpazier, Lalinde, Les Eyzies, Le Buisson de Cadouin, Monbazillac,
Montignac, Beynac, La Roque Gageac, Domme, Saint-Cyprien, Belvès,
Villefranche du Périgord... |
| |
|
| |
|
| |
|
|
| |
Découvertes > Cités
en Périgord > Villes
et villages > Le Buisson-de-Cadouin |
|
|
| |
Le
Buisson-de-Cadouin,
à la croisée des chemins
Crédit
: Textes et photos, Le
Journal du Périgord.
À la confluence du Périgord noir,
du Périgord pourpre et du pays des bastides, entre la Dordogne
et la forêt de la Bessède, le Buisson-de-Cadouin affiche
ses différences.
Le
Buisson, Cadouin, Cussac et Paleyrac : quatre villages pour une
seule entité administrative, née d’une association
stratégique en 1973. Une bannière en principe unique
donc, mais qui flotte sur des origines, des histoires, des destins,
des habitants et un avenir sans doute différents. Depuis
la création de la communauté de communes de Cadouin
et la prise de compétences de celle-ci en de nombreux
domaines pour la gestion et le financement desquels ces quatre
territoires s’étaient à une autre époque
rassemblés, l’association semble caduque. D’ailleurs,
comme tendrait à l’augurer une récente délibération
du conseil municipal, Cadouin pourrait bien, dès 2008,
retrouver son autonomie. |
|
|
Le
monastère auberge de jeunesse. |
|
|
|
|
|
|
|
 |
 |
| Place
de Cadouin |
Abbatiale
de Cadouin |
|
|
|
| |
Cadouin:
l’héritage des Cisterciens
Au cœur du village, sur la place qui a préservé son
authenticité à travers les siècles, trône
un cognassier. Il n’est pas là par hasard… Il
y a longtemps, très longtemps, l’arbre (cadum en latin)
a donné son nom à l’endroit. C’est ici
qu’au XIIe, les Cisterciens virent quels bienfaits ils pourraient
tirer du Bélingou, le ruisseau qui a creusé ce petit
vallon tranquille. Passés maîtres dans l’art
de l’irrigation, les adeptes de saint Bernard bâtissent
leur abbaye, canalisent le petit courant, labourent les champs
alentour, et prient. Si la renommée des lieux leur ait dû,
notamment avec les pèlerinages qui vont suivre l’annonce
de la présence du Saint Suaire, l’âme ancienne
et historique de la commune rayonne à cette époque
sur les coteaux.
C’est
en effet à la Salvetat, autour de l’église
aujourd’hui en ruine, que l’on retrouve par exemple
entre 1600 et 1700, en dehors de la population habituelle, un chirurgien,
un tisserand et même un chapelier au patronyme de “Melon” (ça
ne s’invente pas !). La vie est moins animée à Salles
mais les Caduniens pur souche choisissaient, il y a encore très
peu de temps, d’établir leur dernière demeure à l’ombre
des pierres d’un édifice modeste, encore voué au
culte, mais qui aurait bien besoin d’être restauré.
De toute évidence,
les premiers pèlerins élargissent le territoire du
vallon et à l’aube du IIIe millénaire, c’est
bien là qu’ont pris racine les enjeux économiques
du village. Les commerces jouent le jeu et, sur les terrasses des
deux cafés qui bordent la place, chacun aime à se
saluer et à entretenir une convivialité renforcée
par les grands événements qui ponctuent la vie communale.
Aux côtés
des autochtones, les touristes de l’été se
font un devoir de rendre une visite à l’histoire et
feutrent leurs pas dans les allées du cloître, un
havre de sérénité propice à la méditation. À l’extérieur,
l’univers se dessine avec animation : en ces lieux, le passé sert
de décor majestueux à bien des découvertes,
partagées avec un large public depuis la création
de l’auberge de jeunesse dans les anciens bâtiments
conventuels du monastère séculaire. Une auberge établie
dans le milieu des années 1990 et peu à peu agrandie
qui fait la fierté de la commune. À juste titre :
il y a quelque temps, le magazine L’Étudiant la répertoriait
parmi les sept plus belles et plus insolites auberges de jeunesse
du monde !
7
siècles
de pélerinage
Le Saint
Suaire n’est pas actuellement exposé à Cadouin
afin de subir quelques restaurations mais la châsse est là.
Le musée qui lui est consacré relate ses périples
et bien que l’on sache désormais que ce linge n’a
jamais recouvert la tête du Christ, il n’en demeure
pas moins un objet historique, sinon religieux pour les marques
de ferveur que lui ont longtemps porté les pèlerins
en route pour Saint-Jacques-de-Compostelle. Ses origines sont d’ailleurs
mal définies. Il semble toutefois que ce suaire ait été recueilli
par Adhémar de Monteil, évêque du Puy, pendant
la prise d’Antioche (première croisade). Sentant sa
dernière heure approcher, ce dernier le confiait à son
chapelain, un prêtre périgourdin, qui le ramenait
en Dordogne. Cependant, les documents officiels de l’abbaye
de Cadouin ne mentionnent pas sa présence durant tout le
XIIe siècle et ce n’est qu’en 1214 qu’un
acte de Simon IV de Montfort révèle son existence.
D’un autre
côté, les histoires produites au cours du XIIIe par
les moines avancent que le suaire était en leur possession
dès le XIe siècle. quelle que soit la date de son
arrivée en pays de Cadouin, la relique attire très
vite une foule de pèlerins et fait la prospérité du
monastère et du village avant de commencer un grand et long
voyage. On le retrouve à Toulouse pendant la guerre de Cent
Ans, à Paris en 1399 où le roi Charles VI se le fait
apporter, à l’abbaye d’Obazine en Limousin en
1455 et enfin de nouveau à Cadouin par ordre de Louis XI
en 1482. Les pèlerinages reprennent avant de décliner
avec les Guerres de Religion puis de susciter un nouvel intérêt à partir
de 1644. En 1789, le Saint Suaire échappe de peu à l’incendie
qui ravage les archives de l’abbaye et les fidèles
retrouvent le chemin de Cadouin en 1866. Mais son authenticité est
mise en cause dès 1901… Une expertise linguistique
prouve qu’il s’agit d’un faux en 1934. Le tissage
contient en effet des bandes ornementales contenant des versets
du Coran pour une datation située entre le début
du règne de Musta Ali et la prise de Jérusalem par
les Croisés en 1098. Ces inscriptions en font d’ailleurs
un exemple unique de tissu de cette époque. Chose curieuse,
certains villageois continuent à le considérer comme
une relique authentique, capable à force de prières
d’exaucer bien des vœux. Eux-mêmes le reconnaissent
: “seule la Foi compte”. |
| |
|
| |
|
|
|
Du roman au
gothique flamboyant :
Inscrite parmi les
sites du Patrimoine mondial sur les chemins
de Saint-Jacques-de-Compostelle, l’abbaye
de Cadouin fût fondée en
1115 par Gérard de Salles puis
affiliée à l’ordre
cistercien en 1119. Une partie des bâtiments
est accessible à la visite en
présentant deux architectures
distinctes: le roman dans l’église
et le gothique flamboyant pour le cloître,
reconstruit à la fin du XVe siècle.
Les galeries du cloître entourent
un espace rectangulaire et s’ouvrent
sur un jardin intérieur par des
baies à claire-voie. Les galeries
Nord, Est et Sud sont de style gothique
flamboyant, la galerie Ouest, construite
au début du XVIe, est de style
Renaissance. Les voûtes à liernes
et à tiercerons, décorées
de clefs pendantes, retombent sur des
colonnettes en forme de tours. Les chapiteaux
(marmousets) sont placés à mi-hauteur
et représentent des péchés
et des scènes de la vie quotidienne.
Le siège abbatial (nommé aussi “trône
du Père abbé”), l’escabeau
du lecteur et les bancs de moines, taillés
dans la pierre ocre du pays, sont les
vestiges du cloître primitif; la
salle capitulaire accueille le musée
du Suaire. L’église abbatiale
romane est un modèle du genre
en matière de spiritualité cistercienne
du XIIe siècle.
Le cloître est géré par
la Semitour, qui propose une visite
guidée d’environ 45 minutes.
Renseignements au 0553633628. |
|
|
|
|
Au Fil du Temps,
à la découverte
du patrimoine |
|
| En 1997,
des Périgourdins étudiants à Bordeaux
relevaient un défi en créant une structure à double
objectif: d’une part porter à la connaissance
des plus jeunes les richesses patrimoniales de la région,
et d’autre part rester au pays en générant
des emplois adaptés. Aujourd’hui, les
créateurs de ce grand projet peuvent mesurer
le chemin parcouru. À l’ombre de l’abbaye,
l’association “Au Fil du Temps” est
devenue une référence en médiation
du patrimoine et les étudiants sont devenus
des professeurs de terrain, qui, tout au long de l’année
in situ, distillent avec passion leur savoir en la
matière. Là, la volonté de démocratisation
de la connaissance s’inscrit dans une démarche
de pratique active qui se traduit par la mise en place
de “parcours et d’ateliers du patrimoine”,
au sein desquels les visites éducatives sont
assorties d’activités en relation directe
avec le lieu et le sujet étudiés. La
vie au Moyen Âge, découverte sportive,
classe rousse, classe verte, ateliers fresque, sculpture
et taille de pierre, calligraphie et enluminure, vitrail,
cartographie, nature, artisanat, etc. composent un éventail
unique qui bénéficie du label scientifique
de la DRAC pour la partie médiévale et
est habilité par l’Éducation nationale à intervenir
en temps scolaire. Grâce à l’Auberge
de Jeunesse, “Au Fil du Temps” reçoit
chaque année de plus en plus de scolaires, mais
aussi des étudiants venus de toute l’Europe
ainsi que des stagiaires. |
|
Association « Au
Fil du Temps »
Abbaye de Cadouin
24480 Cadouin.
Tél. 0553575264
Internet : au-fil-du-temps.com |
|
|
| Le
Diable au couvent : Les uns parlent
ici d’une légende, ceux qui ont assisté aux événements
ne doutent évidemment pas de leur véracité.
L’histoire ne remonte d’ailleurs pas à si
longtemps en s’étant déroulée
après la Seconde Guerre mondiale… Ici, on en
parle encore… Dans le bâtiment qui accueille
aujourd’hui le musée du Vélocipède,
les petites sœurs de l’ordre de Saint-Vincent-de-Paul
avaient créé une école ménagère.
L’on disait alors qu’une des jeunes pensionnaires était
possédée par le démon et qu’autour
d’elle se produisaient des manifestations paranormales.
Les galapians du village s’amusaient de la chose et,
par les fenêtres, se moquaient de la pauvrette en appelant
Satan. « Diable, mets-lui une claque », chantaient-ils
au pied de l’école; ils entendaient ensuite
le bruit des gifles et la jeune fille apparaissait avec les
joues marquées de rouge. Celle-ci prit assez vite
la décision de quitter les lieux. Plus tard, elle
voulut revoir Cadouin mais on raconte qu’avant même
son arrivée au Buisson par le train, les vitres du
wagon où elle se trouvait se mirent à voler
en éclat. La “possédée” reprit
aussitôt le chemin inverse pour ne jamais plus revenir. |
|
|
|
|
|